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La Loge d'Aymeric

Jeunes Danseurs

18 Avril 2014, 08:17am

Publié par La loge d'Aymeric

Après les très très jeunes danseurs de l'école de Danse il y a deux semaines, me voilà donc devant les jeunes danseurs de l'Opéra, qui dansaient des pièces montées par leurs ainés ou camarades (Belarbi, Martinez, Bart, Le Riche, Bertaud, Paul) ou pour eux (Millepied, McGregor, Preljocaj, Kelemenis). Peu de classiques, ce qui permet d'éviter en partie l'effet ennui-désorienté du gala. J'ai été épaté par le niveau global, tous ces beaux danseurs sont bouillants et donnent l'envie de les voir davantage.

 

Surtout qu'il est parfois difficile de s'insérer dans des rôles si fortement attachés à certaines personnalités.

 

Ainsi l'épisode de La Source, pour lequel l'on s'attend à voir Ould Braham et Heymann débarquer. Mais finalement Alice Catonnet se révèle une moelleuse et mélancolique Naïla qui m'a finalement même plutôt rappelé Pagliero. Quant au Zaël-Puck d'Antoine Kirscher, il est bondissant et malicieux, un lutin qui réussit à dépasser la barrière de la technique. Je regrette le manque d'inspiration de Mélac: un bien beau danseur qui semblait fatigué par le rôle après pourtant un manège réussi.

 

De la même façon pour Caligula où je me souvenais bien de Bullion et Osta. Alexandre Gasse semblait complètement à l'aise dans le personnage de l'empereur fou et Galioni est aussi délicate que d'habitude, j'espère la revoir vite. Louvet s'est acquitté comme il pouvait de ce ridicule rôle de cheval alors qu'il aurait pu nous offrir tellement mieux dans une pièce plus classique.

 

Le Parc, vu et revu avec différentes étoiles de l'Opéra, aurait aisément pu souffrir de la comparaison avec Ciaravola, Le Riche, Legris, Dupont.... Mais la délicieuse Charlotte Ranson et le fier Yvon Demol ne m'ont pas fait lâcher mes jumelles une seule seconde. Avec des danseurs plus jeunes, l'œuvre est bien différente, avec une sorte de réalité dans l'Abandon à l'amour et une tendresse juvénile plus présente.

 

Enfin, si je n'avais jamais vu la pièce Fugitif de Sébastien Bertaud, j'ai eu l'impression de revoir des extraits de Pas Parts de Forsythe, immortalisés notamment par des photos d'Audric Bézard, d’Hervé Moreau ou d'Agnès Letestu. Et finalement, la comparaison fonctionne. Bien qu'un peu verts, Lucie Fenwick et ses longues jambes et Mickaël Lafon plus costaud, nous entrainent dans ce court duo dans un espace confiné.

 

Il y a ensuite les extraits qui nous donnent envie de découvrir l'intégralité de l'œuvre.

 

Je me suis donc trouvé un peu perdu devant Genus. Hugo Marchand se montre aussi bon en classique qu'en contemporain et m'a entrainé dans son duo. Juliette Hilaire semblait effrayée, regarder quelque chose au loin, une menace, un fléau qui arrivait, lui la protégeait. Un mélange de fascination et d'incompréhension devant l'extrait, qui semblait à lui seul plus puissant que mon souvenir de L'Anatomie de la sensation du même McGregor (d'ailleurs présent au balcon).

 

Impression encore plus forte devant l'extrait d'Amoveo de Millepied avec le très beau couple Léonore Baulac et Jérémy-Loup Quer. Toute fine, fragile, elle se laisse porter. C'est réellement le moment le plus réussi de la soirée, on a décidément bien quitté le cocon du corps de ballet, ce sont de vrais solistes qui, à l'inverse de la plupart des autres, réussissent à communiquer quelque chose d'autres que la simple technique. Et en plus, danser sur la musique d'Einstein on the Beach de Philipp Glass, c'est un bonheur. 

 

Et enfin, il y a la catégorie: le reste, où l'on a de tout.

 

Un regret d'abord, l'extrait d'ouverture de Wuthering Heights avec Coste et Bachmann. Ce sont deux danseurs aux personnalités fortes que j'avais déjà vu danser, notamment Bachmann dans un gala à Neuilly. Mais je n'accroche pas à ces jeux enfantins au milieu d'un champ de maïs. Dommage de ne pas les voir dans une chorégraphie qui passe mieux dans ce genre de soirée.

 

Une découverte ensuite avec la pièce de Nicolas Paul, Quatre Figures dans une pièce. Oppression et autisme pour chacun de ces quatre danseurs coincés dans leur carré de lumière, qui dansent à tour de rôle puis tous ensemble. Ils écrivent à la craie au sol, ce qui réduit d'autant plus leur espace vitale. Daniel Stokes est la personnalité qui se dégage le plus de cette pièce, mais je remarque aussi Antonin Monié, un physique particulier mais qui convient très bien à ce type d'œuvre plus expressive.

 

Une surprise enfin avec Les Enfants du Paradis. Au milieu du foisonnement perpétuel de ce ballet, je ne me rappelais pas ce joli pas de deux tiré de la scène de Robert Macaire qui commence et finit dans le noir. Hannah O'Neill est une très belle danseuse, très élégante et raffinée, qui se laisse porter par l'attentionné Mathieu Contat que j'ai également trouvé tout à fait comme il faut: ni trop expressif, ni trop faible techniquement. Un très joli couple de danseurs accomplis.

 

Une belle soirée qui a permis à ces danseurs de sortir des rôles de corps de ballet ou de demi-soliste pour briller en solo.

 

Merci @LA_de_M pour la photo.

Jeunes Danseurs

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