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La Loge d'Aymeric

Ali Baba (Lecoq, Opéra Comique)

18 Mai 2014, 07:33am

Publié par Aymeric

Après-midi ensoleillée qui appelle davantage le farniente que l'opéra, sauf si celui-ci est aussi rafraichissant que cet Ali Baba. Comme souvent, l'Opéra Comique sait ressortir des œuvres étonnantes de son répertoire (comme Ciboulette la saison dernière) et surtout les placer correctement dans l'année. Théorie des climats, Pelléas m'aurait donné une insolation sous le soleil, Les Brigands un rhume en hiver. La pièce de Lecoq a été un oasis de trois heures.

Opérette un peu, comédie musicale pourquoi pas, opéra également. Je trouve plutôt dur de classifier cet Ali Baba. Lecoq a été un élève d'Offenbach et a développé le genre entre Paris et Bruxelles. D'où des intonations et une musique plus fines, alors que les récitatifs, actualisés, sortent d'une joyeuse comédie de Feydeau. Certains airs sont actualisés, j'entends ainsi parler du chéquier, de la Gucci et des clés de Nassim.

La mise en scène d’Arnaud Menier participe de la sympathie de la pièce. Les scènes se succèdent un peu trop lentement, d'où des pauses un peu longuettes entre chaque changement de décor. Mais l'ambiance des années 50-60 (un peu Achille Talon pour les amateurs) est plutôt sympathique. Des escalators, des devantures de magasin, des palmiers, des portes et des arbres suspendus : il n'y a jamais trop de choses sur scène, juste ce qu'il faut.

L'équipe est bien équilibrée, centrée autour du joli couple Christoyannis et Marin-Degor. Leurs airs respectifs sont chaudement applaudis. Cassim-Rougier est bon en Picsou qui se prend un bain de pièces d'or et s'enrhume, Bélanger en femme cougar, aussi vénale que sexuelle et le pauvre neveu, dont le sort ne dit rien mais qui semble continuer dans sa triste vie.

Sans jamais lasser le public, les scènes les plus habituelles se succèdent (ciel mon mari, découverte d'argent, découverte de l'amour), avec une petite ironie de comment se font et se défont les fortunes sous la IIIème République. Les caractères et les airs font bien souvent sourire, voire rire et le public, relativement jeune, réserve un bel accueil lors des saluts.

Ali Baba (Lecoq, Opéra Comique)

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