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La Loge d'Aymeric

Balanchine/Millepied, 2ème tour

25 Mai 2014, 07:46am

Publié par Aymeric

Deuxième service de ce programme, pas le plus brillant mais de jolies choses à retenir.

Si le Balanchine de la première m'avait enchanté, je n'ai pas retrouvé de piquant et d'énergie dans cette distribution. Sorte d'allégorie de la hiérarchie du Ballet (corps de ballet, demi-solistes et solistes), je me perdais un peu à repérer les différents grades. J'aime toujours autant la chorégraphie, d'un académisme certes rigide, mais qui se laisse apprécier joliment.

Le mouvement rubis semblait peiner à ouvrir la pièce, malgré le sourire de Nolwenn Daniel et la bonne volonté d'Hoffalt. Les demi-solistes s'en sont plutôt mieux sortis, notamment le couple Hecquet/Lorieux. Le couple bleu, sauveur des séries de ballets à Bastille, nous offre un joli mouvement très Mort du Cygne plutôt fin, mais Pagliero ne réussit pas à nous hypnotiser autant que Gillot, malgré une technique toujours très propre dans la petite batterie. Paquette semble osciller entre absence scénique et retour inopiné. Dans le dernier mouvement, Thibault m'a semblé moins fatigué qu'à la première, et son arrivée avec Colasante montre un joli lien entre les générations, au milieu de demi-solistes en forme.

Le mouvement émeraude est sans doute le plus réussi et le plus équilibré. Il semblerait qu'on ait dit à Alice Renavand que danser du Balanchine, c'était danser à l'américaine, et donc sourire Colgate obligatoire. Elle est la seule à m'offrir un peu de cet entrain si nécessaire au chorégraphe. Bézard semble ravi d'être là mais est un peu en peine. Il danse seul une diagonale qui ne prend pas, trop en décalage sur la musique. Sinon le partenariat s'avère efficace et jeune dans l'ensemble. Les demi-solistes sont toniques, avec une jolie distribution: Bittencourt/Bourdon, Westermann/Révillion.

Lorsque tous se retrouvent sur scène, je ressens un instant le piquant initial, puis non, il manquait ce jour là un élan général. Au moins, la musique ne m'est pas sorti de la tête.

Après la distrib quatre étoiles + Alu de la première, une distribution plus jeune ici. Marc Moreau , que j'avais vu répéter avec Millepied, a donc finalement eu droit à une date, mais sans Léonore Baulac. Finalement Albisson m'a semblé avoir un petit aspect Dupont, autant dans sa technique que dans son expression. Le couple est jeune et plus réaliste dans le genre pastoral avec une jolie tendresse juvénilee. Un certain moelleux dans ses bras à elle, une assurance naïve chez lui et surtout, comme pour tous, une grande joie d'être sur scène.

J'ai beaucoup aimé le pas de Léonore Baulac et Allister Madin, entre diabolisme et lyrisme. Je n'avais pas vu Madin depuis longtemps et suis content de le retrouver bien en forme et violent. Quant à elle, on croirait une sirène de l'Odyssée, jolie, innocente, mais finalement bien perverse (comme dans Camélias d'ailleurs).

Révillion a la malchance de mal finir son manège alors qu'il a réalisé une très bonne variation, bien différente d'Alu, moins de spectacle, plus terrienne et plus mature. Le public reste très réceptif.

Dans les deux spectacles, le corps de ballet s'est investi à fond. S'il sert un peu de potiche (mais nécessaire) dans Balanchine, son investissement est plus remarquable chez Millepied. J'ai retrouvé beaucoup de têtes de la première, ils semblaient bien impliqués et dédiés, notamment pour les filles dans ce joli passage où Daphnis gît à terre.

La partition de Ravel nécessite une deuxième écoute pour être pleinement appréciée, pari réussi, surtout une fois que j'ai fait abstraction des ornements de Buren. Jordan dirige l'ensemble orchestre-danseurs-choeur avec une main de maitre.

Balanchine/Millepied, 2ème tour

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