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La Loge d'Aymeric

The King and I au Châtelet

20 Juin 2014, 18:03pm

Publié par Aymeric

Le Châtelet continue son offre de comédie musicale de haute qualité avec un spectacle littéralement haut en couleurs, mené par une troupe dynamique et, heureusement anglophone. Pour qui a peur des comédies musicales francisées des théâtres du IXème, le Châtelet est la seule salle à offrir des œuvres cultes ou moins connues dans leur version originale.

The King and I se met dans la suite de Sound of Music, autre chef d’œuvre du génialissime duo Rodgers et Hammerstein. Tiré d’une histoire vraie, le drame est orientalisant au possible : une gouvernante débarque au Siam avec son fils pour éduquer les enfants royaux. Entre désir d’ouverture et traditions, les liens se font et se défont entre les deux cultures, entre Anna et le roi. En plus, une histoire d'amour entre une princesse de Birmanie et un serviteur pour rajouter un peu d'eau de rose à l'ensemble.

Les musiques et les chansons semblent étrangement familières. Dès l’ouverture, je reconnais les thèmes si classiques de l’âge d’or de Broadway. Ce qui me parait étonnant est la longueur des chansons, plutôt courte dans l’ensemble. La dimension théâtrale en prend donc une sacrée importance, et heureusement que la distribution est aussi forte. L’ensemble de la troupe est ravie d’être sur scène et chacun donne de son meilleur pour livrer un spectacle entrainant.

En tête de troupe, Christine Buffle est épatante en Anna Leonowens. Elle traine ses lourdes robes à crinoline à travers la scène et les actes, moqueuse, têtue. Pour une fois, le personnage principal, quoique pédagogue et maternelle, n’est pas un exemple de sérieux ou une figure de proue pour les personnages. Son franc-parler, sa rousseur insolente mais prude, son Oxford English sont autant d’outils pour réussir le rôle comme Buffle le fait.

En face, Lambert Wilson est magistral en roi du Siam, il s’amuse à prendre un accent orientalisant, à jouer au macho, sans jamais pourtant être lourd. Il réussit à être dans l’ensemble tantôt drôle, tantôt fin et attendrissant.

La mise en scène est colorée et bariolée, aucun désir de modernisation ni de nostalgie, seule une volonté de plonger le public dans l’esprit de l’œuvre. Les clichés sont accentués, en réponse à l’œuvre : les lourdes robes, les éléphants, le trône exagérément haut, le costume Power Ranger du roi, les concubines à n'en plus finir avec leurs enfants.

La présence des enfants dans la salle et sur la scène finissent de rendre l'ensemble très sympathique. La production réussit également à rajouter quelques moments de danse particulièrement réussis, notamment une longue chorégraphie dans le dernier acte. 

Le Châtelet a donc prouvé une nouvelle fois sa capacité à créer ou recevoir des productions étrangères, prochain pari en décembre prochain avec la création de An American in Paris.

The King and I au Châtelet

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