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La Loge d'Aymeric

Concours de promotion du Ballet de l'Opéra

19 Novembre 2012, 21:32pm

Publié par La loge d'Aymeric

A eu lieu il y a deux semaines le concours annuel du corps de ballet d’Opéra de Paris. A nouveau, j’ai eu très peur cette année de ne pas avoir de place. En réalité, et c’est à noter pour les années prochaines, une arrivée à 8h45 permet de trouver une place sans problème. Les places sont en fait distribuées par l’Opéra aux écoles de danse entre autres, à certains mécènes et aux danseurs. De nombreuses personnes arrivent avec en poche des billets en trop, qui trouvent toujours preneurs chez les balletomanes ! Ils (elles ?) étaient fort nombreux dans la salle à prendre des notes, dresser des pronostics, puis critiquer les décisions des jurys et échanger avec d’autres personnes sur place.

 

J’explique le principe. Chaque nomination d’étoile ou départ d’un danseur libère des places dans les classes des quadrilles, coryphées, sujet et premier danseur. Chaque année donc un nombre très limité de places est disponible. Ainsi l’année dernière, il n’y avait pas de place pour les premiers danseurs hommes. Les classes défilent, chaque danseur danse la variation imposée de sa classe puis une variation libre. A la fin, sont classés certains danseurs, et les premiers sont promus au rang suivant selon le nombre de places disponibles. Le jury est constitué de la directrice de la danse (Brigitte Lefèvre, qui agite sa petite cloche entre chaque passage), de deux maîtres de ballet associé (Laurent Hilaire, Clotilde Vayer), de deux directeurs de compagnies étrangères (Karen Kain pour le Canada, Christian Spuck pour Zurich), les danseurs étaient Dorothée Gilbert, Ludmila Pagliero, Nolwenn Daniel, Céline Palacio, Ghyslaine Reichert et Karl Paquette en suppléant. Toutes ces règles datent de 1860 et ont été rédigées par Marie Taglioni, fondatrice légendaire du ballet classique.

 

L’année dernière j’avais pu assister à la journée des hommes, et ainsi louper la consécration d’Alice Renavand. Cette année j’ai pu assister aux passages des danseuses, où était disponible trois places de coryphées, trois de sujets et une de première danseuse.

 

http://img86.xooimage.com/files/3/5/0/reca-1211paris_04-39a919a.jpgJe reste dans l’ensemble d’accord avec les nominations des Coryphées, Sae Eun Park s’est imposée dans une superbe variation de Paquita, avec une diagonale qui en ferait pâlir plus d’une. La star coréenne a accepté d’être rétrogradée en quelque sorte au plus bas échelon de l’opéra, et son travail est récompensé. J’avais beaucoup aimé Claire Gandolfi dans le Forsythe et Lucie Fenwick dans le Bahkti III de Béjart. Le jury a préféré Marion Barbeau et Emilie Hasboun, dont les variations imposées (troisième Ombre de la Bayadère) m’ont laissé perplexe.

 

S’ensuit la classe des coryphées, dont la variation imposée était celle de Dulcinée dans Don Quichotte (à voir entre autres ici).Marine Ganio méritait très clairement sa place, j’ai beaucoup aimé sa variation des Mirages que je découvrais. Quelle famille, quelle famille… Après Mathieu et les parents, voilà la petite soeur! Guérineau de la même façon a réalisé une bonne Carmen mais également une des meilleurs Dulcinée. J’avais ensuite beaucoup de mal à trouver ma troisième nommée. Le jury a opté pour Pauline Verdusen qui avait choisi la variation verte de Dances at a Gathering, dangereux choix, il manquait la présence qu’avait Agnès Letestu ou Eve Grinsztajn en mars dernier.

 

Je regrette énormément que Charlotte Ranson ait loupé son concours. Après une Dulcinée honorable, elle a failli chuter lors de la variation libre. C’est très dommage, j’imagine qu’elle doit être très déçue. Elle avait toutes ses chances, vu le nombre de ballets sur lesquels elle est distribuée comme soliste. J’espère que son prix de l’AROP qu’elle devrait recevoir vendredi saura compenser.

 

Je reste encore plus décu de la classe des sujets femmes. L’encre a déjà beaucoup coulé sur cette classe, j’y reviens rapidement. Imaginez qu’une danseuse a reçu en 2006 la médaille d’or du très prestigieux prix de Varna. Qu’elle est sujet depuis 2005. Qu’elle a dansé avec toute la nouvelle génération d’étoiles. Que la direction la distribue dans des rôles de soliste, comme Kitri dans quelques semaines. Mais que le jury ne la laisse pas passer au stade de première danseuse auquel elle a droit. Après Alice Renavand qui a du lutter et cette chère Isabelle Ciaravola qui est restée sept ans coryphée, voilà donc un trio de choc avec Mathilde Froustey.

 http://img103.imageshack.us/img103/3619/xpswegvp1.jpg

Il y avait certes un très bon niveau dans cette classe. Héloïse Bourdon, excellente en cygne blanc, Sabrina Mallem impressionnante en Silvia. Je n’ai rien contre Valentine Colasante qui a été promue et a signé une bonne Carmen. Mais le jury n’a même classé Mlle Froustey qui a donc laissé sentir via twitter une profonde dépression. Les messages de soutien des nombreux fans sont tout de suite arrivés en masse. Devant l’entrée des artistes, personne ne comprend. Ni la mère de Mathilde, ni celle d’Alice Renavand. C’est vraiment trop con.

 

(photo de l'Opéra National de Paris)

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