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La Loge d'Aymeric

Début à Pleyel, Radio France et la musique de ballet

14 Septembre 2012, 22:11pm

Publié par La loge d'Aymeric

Vendredi 15 Septembre, Orchestre Philharmonique de Radio France, Vladimir Spivakov: direction musicale; Jean-Guihen Qeyras: violoncelle; Hélène Collerette: violon solo. Le Baiser de la Fée de Stravinski, Variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre en la majeur et Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski.

 

Tel Pamino guidé par des génies (rôles tenus ici par Hugo et Joséphine), je rentre vendredi soir dans le temple de la musique parisienne: Pleyel. Bien qu'assidu de Garnier, Richelieu, Avenue Montaigne, je n'y avais jamais mis les pieds. Pourquoi? Je suis rentré dans la sphère culturelle parisienne via le théâtre, ce qui m'a conduit vers l'opéra puis la danse. J'avais déjà assisté à des concerts symphoniques, notamment Barenboïm au Waldbühne berlinois avec son West-Eastern Divan Orchestra mais dans un cadre particulier: en plein air sous le soleil, la moitié de l'assistance une pinte à la main.

J'ai finalement toujours eu peur du Concert de Musique Classique (majuscules obligent): comment occuper mes yeux? Et là me revient la phrase de Balanchine: il faut voir la musique et écouter la danse. Tres bien, vérifions alors. Et quoi de mieux qu'un concert de musique de ballet pour cela?

Le Philharmonique de Radio France jouait donc trois morceaux differents. Commençons par celui qui se prête le moins au propos précédent. Le thème rococo pour violoncelle de Tchaïkovski. Un joli morceau, oui, un violoncelle solo, Queyras, qui donnait l'air de couper violemment une tranche de jambon tant il s'acharnait sur son bout de bois, mais avec talent certes tant chaque geste était net et arrondi. Un son particulièrement frustrant et trop sec d'ailleurs qui ne me plait qu'entouré du reste de l'orchestre. Comme un diamant trop brut qui nécessite une forte parure pour le mettre en valeur. Car il sait qu'il en a de la valeur ce violoncelliste! Son bis, très peu spontané, fait plus leçon de musique que véritable morceau et pourtant il se donne un air ravi et accompli à la fin.

Mais cette seconde partie m’a permis de confirmer en partie ce que j'avais observé lors du premier morceau. Si je suis familier du corps de ballet, je découvre ici le corps d'orchestre. Les violons qui dans un même élan balancent la tête et jettent le bras, beaucoup d'effort et de violence pour des notes si douces. Si on danse avec les pieds, on joue du violon autant avec le cou qu'avec les doigts. Il y a aussi le corps de ballet hommes, ici ce sont les contrebasses, massives et imposantes, mais tout aussi gracieuses.

Paradoxalement, c'est pour le Lac que j'ai le moins imaginé la danse, pourtant sans connaître la chorégraphie du Baiser de la Fée. Les intonations de ce dernier reflètent trop la dramaturgie pour que je me laisse entraîner par la musique. En connaissant chaque moment de la partition de Piotr Ilitch, pas de découvertes aurais-je pu penser? Non. Des notes en plus pendant l'ouverture auxquelles je n'avais jamais fait attention et qui rythment beaucoup plus un morceau si connu (effet Black Swan oblige). Puis lors scène de l’acte 2, un solo de violon dont je ne me souvenais presque pas. Vu l'ardeur du premier violon, vêtue tel un cygne pour l'occasion (les plumes sur la jupe ne sont vraiment pas recommandées), je ne peux que la fixer et ressentir chacune de ses notes.

La musique du ballet prend ainsi une toute nouvelle dimension, elle tient à elle seule. Le bis, la danse russe de Casse Noisette est néanmoins trop court pour dire la même chose de cette partition. Il ne doit pas être trop désagréable d'entendre Casse Noisette en version concert. Si c'est moins profond que le Lac, c'est toujours mieux qu'un concert de Coppélia.

Tel un touriste japonais, j’erre dans Pleyel le nez vers le haut, dans ces espaces très années 10-20 comme peut l’être le Théâtre des Champs, mais ici mieux adapter et plus moderne. Vite, vite, allez à Pleyel, comme le rappelle ici Martine Robert des Échos, la salle va déménager à la Villette, beaucoup moins glamour….

Qu'en conclue-je? Je vais m’abonner à Pleyel pour profiter du lieu et des formations qui y ont leurs habitudes. Et je vais faire plus attention aux musiciens dans la fosse des opéras.

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les femmes russes 18/10/2012 11:21

La danse russe de Casse Noisette? C'est intéressant !!