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La Loge d'Aymeric

Don Quichotte par deux Vienno-Russes, la magie arrive à Bastille!

29 Novembre 2012, 16:21pm

Publié par La loge d'Aymeric

Kitri/Dulcinée: Maria Yakovleva; Basilio: Denys Cherevychko (artistes invités du Ballet de Vienne); Espada: Christophe Duquenne; La danseuse de rue: Héloïse Bourdon; Le Gitan: Allister Madin; La Reine des Dryades: Laura Hecquet; Cupidon: Mathilde Froustey; Don Quichotte: Guillaume Charlot: Sancho Panca: Hugo Vigliotti; Gamache: Eric Monin; Lorenzo: Alexis Saramite

Enfin une super soirée de danse cette saison à l'Opéra! Fini le mauvais esprit qui semble régner sur nombre de mes dernières critiques pour laisser place à un enthousiasme éclatant!

Grace à mon pass jeunes, je suis placé merveilleusement en plein centre du premier rang du parterre. Déjà la soirée s'annonce bien. Les danseurs ne semblent être là que pour moi, ou au moins également pour mon accompagnatrice de voisine. Seul souci, c'est qu'il faut que je me tienne bien bien droit pour voir les pieds des danseurs. Ca me fera les pieds à trop me rapprocher, mais aussi le dos finalement.

Donc j'ai l'impression au second acte d'être dans une bulle avec le Cupidon de Mathilde Froustey, ce qui est loin d'être déplaisant vu son énergie, son charisme, la justesse et la délicatesse de ses gestes. A l'inverse de nombre des variations noureeviennes, comme celles du deuxième acte de Casse Noisette, ce n'est pas ici un divertissement froid derrière une vitrine. J'ai l'impression de vivre avec ses mouvements.

J'ai exactement la même impression avec le trop court rôle du brigand d'Allister Madin. Je ne respire presque plus en le voyant courir à travers la scène avec des pas parfois dangereux et d'une précision étonnante.

Pour continuer dans les seconds rôles, le couple Bourdon/Duquenne brille également. Bourdon commence enfin à sortir de son cocon de la ballerine parfaite (cf sa danse indienne de La Bayadère) pour développer un aspect plus sensuel dans sa danse. Ce n'est certes pas la fougue ibérique des danseurs du Bolchoï. Mais il y a déjà plus de regard avec son partenaire, des mouvements précis et marqués, voire sensuels. En face, Duquenne est massif, c'est un matador et on le voit, plein de la virilité qui pourrait manquer à certains de ses camarades trop maigrelets.

Je repère dans le corps de ballet notre jeune lauréat du prix Arop François Alu ainsi que Takeru Coste. Ces deux là ressortent de plus en plus souvent et sont très présents sur scène!

Mon seul regret dans les seconds rôles est celui d'une Laura Hecquet trop froide et trop droite comme reine des Dryades. Majestueuse certes, mais là c'est too much. Enfin la pauvre, entre Mathilde et Yakovleva, ce n'est pas facile de se tailler une place.

Venons en d'ailleurs au clou de la soirée. Si je parle de clou pour les deux artistes russes, c'est que le seul moment où ils m'ont le plus effrayé, elle partait complètement en vrille dans ses bras intenables.

Ils ont finalement tous les deux bien peu de choses en commun au niveau de la danse. En couple cela marche correctement, c'est surtout agréable de voir une telle complicité entre des danseurs. Car au premier rang, je ne vois pas que la sueur qui perle sur les fronts, mais je vois aussi les sourires, les regards complices qui s'échangent.

Ainsi chaque fin d'équilibre du dernier pas de deux et marqué d'un superbe sourire de Maria: Ouf, c'est fini, et c'était réussi. Puis elle effectue ses piqués, avec tout d'abord un peu de pudeur, puis elle se libère sur toute la scène, affichant sa beauté resplendissante. Ses apparitions sont de beaux succès, s'améliorant nettement avec la fin. Son jeu de rôle est très bien rendu, elle fusille ses amies du regard, attire Basilio, se fait enfant avec son père.

don_quichotte_02.jpgLui en revanche est beaucoup plus concentré, moins souriant, moins présent dramatiquement, mais se focalise sur sa technique: le rôle de Basilio est corsé et fatigant, on le sait. Il réussit à dépasser tous les principaux obstacles. Il m'a donné l'impression d'un personnage très sur de lui. J'ai été emballé par leur travail à tous les deux! Ils laissent une bonne impression avant la venue de la troupe viennoise pour la prochaine édition des Etés de la Danse où ils danseront entre autres ce même Don Quichotte.

Enfin, un mot sur la musique. Placé juste derrière le chef d'orchestre, j'ai pu me concentrer également sur la musique. Quoi de plus charmant que ces notes de clarinette lorsque Kitri déplie ses jambes pour frapper d'un coup d'éventail l'épaule de Basilio? Ou encore cette délicieuse harpe lors des Dryades? Minkus est quand même capable de belles choses. En tout cas Rhodes en semblait convaincu dans la fosse.

Soirée très bonne donc, j'espere que je réussirai aussi à apprécier ce spectacle même plus haut placé! Bastille est une grande salle, il faut que la magie monte vers chacun!

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