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La Loge d'Aymeric

Gatti et Orchestre National de France: Beethoven et El Khoury

6 Novembre 2012, 17:54pm

Publié par La loge d'Aymeric

5 Novembre 2012, 2ème et 6ème symphonies de Beethoven, création d'Espaces-Fragmentations d'El Khoury

 

Beethoven, ca peut évoquer plusieurs choses. Pour une partie de la population un peu vieillissante de la population, il y a un rapport avec un énorme Saint-Bernard. Heureusement ma génération est passée outre cette relique des années 90. Puis sinon, cela évoque quand même de la musique, avec des symphonies que l’on a plus ou moins touchées de l’oreille. La Neuvième tout le monde la connaît ou croit la connaitre, Union Européenne oblige. La Troisième, Héroïque, c’est déjà un peu plus tendu même si la marche funèbre peut vous dire quelque chose. Bon, après il en reste quand même sept autres.

 

Daniele Gatti a choisi de faire quelque chose d’assez ambitieux et d’assez excitant pour un chef d’orchestre : un cycle des symphonies de Beethoven, à la manière des grands maestros. Mais alors on change ici un peu le programme, pas que des symphonies. Des œuvres du passé d’accord, mais avec des œuvres contemporaines, créées pour l’occasion, pour les accompagner. Centenaire du TCE oblige, ils acceptent l’héritage mais ils veulent surtout s’ouvrir aux cent prochaines années.

 

Un peu au hasard je me retrouve ainsi avec des places pour la deuxième et la sixième de Beethoven, plus une création. Si l’ouvreuse m’affirme qu’en effet le théâtre est complet, je finis par me replacer après l’entracte du second balcon trois quart au premier rang. Quatre personnes, quatre places, que demander de plus. Avec tout le snobisme que cela comporte, il faut avouer que mes impressions ont beaucoup changé entre mes deux emplacements. Et pour cet orchestre, il fallait être bien proche pour tout bien saisir.

 

La seconde m’a donc bien fatigué. Toute décousue de partout, je ne vois pas le fil rouge qui s’échappe rapidement. Le premier mouvement est très amusant et vivifiant, une engueulade entre les vents et les cordes, puis les premiers se font rapidement mater et les cordes recopient les mêmes thèmes presque ironiquement : on s’amuse, on se fait gronder jusqu’à ce que les deux thèmes se mélangent.

 

Le deuxième m’embête tout simplement, c’est vide… Le troisième passe à une vitesse éclaire, avec toujours une bonne capacité pour les leitmotive. Le quatrième aurait pu être bien si je n’avais pas fixé l’énergumène trois rangs en dessous de moi qui a d’abord mis dix bonnes minutes pour ouvrir un carré de chocolat, l’a englouti, puis a répondu à quelques textos avant de filmer l’orchestre. Le temps que je relève la tête, arrivaient les dernières notes. Bilan grosso modo assez négatif de cette symphonie qui n’a pas du tout su me captiver.

 

Puis arrive la création de la soirée. Après Waksman pour la première et avant Mantovani pour la dernière, c’est Bechara El Khoury ce soir. Le titre : Espaces-fragmentations, « une synthèse de l’imaginiare et du réel, une sorte de rêve vécu, parfois, au-delà du réel » D’accord, j’ai déjà peur. J’ai d’abord rigolé au début, croyant entendre le bruit d’un chemin de fer avec le tutut de la locomotive. Puis c’est le bruitage d’un film d’horreur, quelqu’un d’apeuré court dans la forêt, beaucoup de stress dans tous les sens, des obstacles nombreux. Puis arrive la fin, et je ne sais pas très bien où je suis arrivé. Déjà c’était audible, ce qui n’est déjà pas si mal, mais je ne sens rien d’innovant. BO de film de Kubrick, d’Orwells, voire même de Kaamelott selon mes voisins.

 

Replacé, j’ai pu tout d’abord admiré de plus près cet étrange spécimen qu’était la veste de la première violon. Tellement de paillettes qu’elle scintillait tel un sapin de Noël. Pas sage du tout d’ailleurs, elle n’a pas cessé de regarder et de rigoler avec quelqu’un que je ne voyais pas, un alto ou un violoncelle peut-être ? Rapproché, je vois maintenant beaucoup mieux Gatti qui s’agite, parle presque aux musiciens, leur demander explicitement de se calmer. Ces quelques petits indices sont précieux et changent drastiquement une entrée dans une nouvelle œuvre.

 

La sixième de Beethoven, Pastorale, pourrait rentrer dans la liste énoncée ci-dessus des œuvres connues du chef. Tout le monde reconnaitrait quelques thèmes. C’est un bijou. J’ai certes reconnu les thèmes de la nature, la balade dans la forêt, le ruisseau, le bruit des oiseaux, avec des vents tous vraiment brillants en solo ! Mais je me suis surtout laissé porter et bercer par cette œuvre, complètement onirique, si mélodieuse. J’ai ressenti une force seulement par ma place, je pense. Je ne suis pas sur que cela soit monté dans les balcons. Il est de toute façon certain qu’ils ont beaucoup plus travaillé cette partition-ci! 

 

Une soirée en mi teinte donc, mais profiter de Beethoven, c’est toujours sympa !

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klari 06/11/2012 20:48

"Pour une partie de la population un peu vieillissante de la population, il y a un rapport avec un énorme Saint-Bernard"

Un peu vieillissante ?!? Comme tu y vas...

La loge d'Aymeric 07/11/2012 17:22


Ca me parait tres vintage c'est tout! J'aurais certes pu trouver meilleur exemple.....