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La Loge d'Aymeric

L'Italienne et la Barbe Bleue, Orchestre de Paris

14 Octobre 2012, 20:32pm

Publié par La loge d'Aymeric

Jeudi, Orchestre de Paris et Christophe von Dohnanyi! Un programme un peu tordu, c'est évidemment la deuxième partie qui attirait les foules, les habitués et le novice.

Débute ainsi l'Italienne, mieux connue sous le nom de 4eme symphonie de Mendelssohn. Tres aerienne au debut, les quatres mouvements sont très inégaux. Globalement je ne trouve pas ça stimulant du tout! Le programme indique que cette symphonie représente une marche dans la campagne romaine. Partons donc de là.

Le premier mouvement me fait plutot penser à une très longue marche triomphale. Une légion part d'une ville italienne du Sud, fait ses adieux à la ville, aux familles. Sauf que la légion se transforme tout d'un coup en armée! Que c'est long ce thème répétitif! Ils finissent quand même par sortir de la ville et se balader dans la campagne.

Sauf que marcher, et bien c'est long long. Et mes courageux soldats finissent par s'endormir. Et moi aussi.

Le troisième mouvement mélange des cors et cors anglais avec une musique plus féérique. Je rentre dans un monde de nymphes. Elles appellent, telles des sirènes, les soldats vers elles. Ils répondent avec les cors (très bons), ils accourent.

Dans le dernier mouvement, de la violence, de la course. Les nymphes sont expediées, renvoyés de leur habitat où s'installent les soldats triomphalement. Les nymphes s'échappent et s'évaporent jusqu'au dernier moment. Il ne reste rien pour elle. Ni pour l'armée qui repart rapidement dans une allure toujours triomphale. Un reste mitigé pour moi: le violoncelle m'a énervé, mais la partition m'a laissé quelques bonnes impressions. Un partout, balle au centre.

Dans la deuxième mi-temps, l'orchestre de Paris me distance largement et gagne le match avec un écart considérable.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/84/Barbebleue.jpg/250px-Barbebleue.jpg
Le château de Barbe Bleue fait partie des choses les plus étranges et les plus belles que je n'ai jamais entendues. Deuxvoix, Judith et Barbe Bleue. Mais un troisième personnage, le château, représenté par l'orchestre.

Nous avons donc affaire à un Barbe Bleue qui a ramené Judith chez lui, l'enlevant à sa famille et son fiancé. Elle veut venir, veut ouvrir le château à la lumière, elle est forte et impulsive. En face Barbe Bleue semble faible. Il est fort et menaçant mais succombe toujours rapidement aux demandes de Judith.

Et là apparaît le noeud de l'action (en même temps que se noue celui de mon cerveau): j'ai affaire à un cas de Dr Jekyll et Mr Hyde! Le château est le reflet violent de la personnalité de BB. Goerne semble souffrir, il est habitué à être le maître, mais est ici bloqué par l'amour. Ainsi la harpe n'est là que pour lui, pour exprimer sa souffrance et son inaction. En face, le château pleure, gémit, saigne, crie à chaque ouverture de porte: du son R2D2 au superbe grand mouvement des portes 4 et 7: padadadammmmm.

Quand Judith parle, le château l'accompagne certes, comme BB, un guide dans ses couloirs. Mais lorsque BB attend des vraies réponses de son amie, comme l'impression qu'elle recoit de son empire: silence glacial. Le château ne peut pas répondre pour elle. Quand elle souhaite ouvrir le château à la lumiere, elle se fait engloutir par l'ochestre. Puis à nouveau à la fin, elle est noyée dans l'obscurité.

L'atmosphère est très lugubre et pesante. L'orchestre réussit à très bien la rendre, une vraie puissance qui amène de vrais frissons! Les deux solistes sont excellents, Goerne avec sa voix terrible qui illustre si bien ce que je disais au dessus. Zhidkova, malgré son affreuse robe, me fait imaginer toute la folie et l'amour d'un personnage comme Judith. Une soirée et une oeuvre dont je me souviendrai.

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