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La Loge d'Aymeric

La Belle au bois dormant, ballet de minsk

15 Octobre 2012, 15:35pm

Publié par La loge d'Aymeric

Pour la deuxième fois, ma grand mère m'accompagne au Palais des Congrès voir un ballet. Je retiens les balletomanes criant sur les capacités de cette salle, cela fait du bien de sortir des sacro-saints Bastille/Garnier.

Qu'est ce qui nous fait autant aimer La Belle? Tout d'abord la musique, si féerique. Depuis le dessin animé Disney, une partie importante du public connaît déjà les mélodies les plus classiques du ballet. Ici, une musique enregistrée. Comme disait Noureev, mieux vaut un bon enregistrement qu'un mauvais orchestre. Et là je dis oui! Le lac des cygnes avait été un peu difficile avec le St Petersbourg Ballet Theatre l'année dernière, voir détruit. Ici l'enregistrement est honorable et laisse percevoir sans problème la féerie de l'oeuvre.

Car c'est surtout cela qui est important. Dans la salle, surtout des parents ou des grands parents avec leurs enfants ou petits enfants, venant pour la plupart découvrir le monde de ballet. C'est bien loin des appréhensions que l'on peut avoir à l'Opéra, le public applaudit quand il veut: un lever de rideau, l'arrivée d'une danseuse, un joli pas, une variation entraînante. C'est très bon enfant!

Le public vient chercher la magie du spectacle, et la production s'y prête tout à fait. Loin de nous l'idée noureevienne de l'hommage à l'époque de Louis XIV, ici les costumes relèvent parfois du fluo (au seul premier acte, point trop n'en faut), et en général de couleurs très chatoyantes: du violet, du rouge, du bleu flash.

Le prologue est assez mauvais goût, beaucoup de fluo, des costumes un peu cheap, je me demande où je suis tombé. Les fées, sensées être la distraction et le point tournant de cet acte ne sont vraiment pas au top, sauf forcément celle des Lilas, qui laisse apercevoir de vraies capacités! Carabosse arrive sur son ridicule chariot tiré par des bêtes étranges, puis c'est la catastrophe et la malédiction tombe.

Les changements de décors et la préparation pour le premier acte ne laissent pas d'entracte mais abandonnent le public devant un rideau incrusté de strass en laissant la musique de Tchaikovsky tourner ainsi que les lumières de concert qui illuminent de vert, bleu et rouge.

Le premier acte nous laisse voir Aurore, et là, comme Kolesnikova l'année dernière, je réalise que les compagnies "mineures"http://www.franceconcert.fr/wp-content/gallery/la-belle-au-bois-dormant/Photo-Belle-Au-bois-Dormant-1.jpg et finalement assez obscurs de l'est (je n'ai trouvé aucune informations sur les danseurs.... Il aurait fallu acheter le gros programme tout dorée, avec une rondelettes sommes de piécettes) ont toujours de très bons solistes! Évidemment ce n'est pas parfait, mais je reste très impressionné, surtout vu le décalage avec le reste. Le moment des quatre fiancés est tout à fait charmant, passant d'un cavalier à l'autre, avec de très bons développés, malgré une chorégraphie finalement peu innovante. Mais elle se laisse apprécier avec douceur. En fait tout tourne autour de cette grande soliste! Lorsqu'elle s'endort, revient la fée des lilas sans tutu, avec une robe tout droit venue de bayadère!

Un vrai entracte plus tard, nous nous retrouvons cent ans plus tard. La mode et les danses ont changé, le prince n'arrive pas comme dans la version Bolchoï en sautant sur scène, mais revient de la chasse avec un chevreuil mort. O stupeur, il a des bottes aux pieds! Il réussit quand même à esquisser quelques pas. Une fois endormi, arrivent Lilas, sa branche de fleurs à la main, ses fées et Aurore. Une légère impression de bayadère avec ces formes blanches qui évoluent. Un nouveau joli moment, mais le prince n'est vraiment pas bon dans sa variation. Aurore va de mieux en mieux et brille dans le coda où son compagnon lui laisse toute la scène. Lilas s'installe comme un rôle secondaire primordial. 

http://ballet.unblog.fr/files/2010/01/labelle16.jpgLe dernier acte avec son mythique bal sauve à lui seul l'échec du prologue! Une fois Carabosse éloignée, s'ensuit l'arrivée des invités. Les pas de caractère sont charmants! Le chat botté et sa mutine compagne sur une des musiques les plus connues du ballet, le petit chaperon rouge et le loup, et puis l'oiseau bleu. Cendrillon est invitée mais ne danse pas, dommage. L'oiseau bleu, une des variations les plus connues du ballet, est vraiment bien, le seul soliste masculin que je retiendrai donc!

Une après-midi très agréable, une découverte en direct d'une grande oeuvre du répertoire, que je verrai à nouveau en décembre à Londres et peut être un jour à l'opéra, sans cette ambiance bon enfant dans le public, mais avec un talent bien mieux réparti.

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Pink Lady 15/10/2012 21:57

Question ambiance, tu ne risques pas d'être déçu si tu vas voir ce ballet à Londres : je n'ai jamais vu un public aussi réactif ! Il suffit d'imaginer que le méchant Rothbart se fait
systématiquement siffler quand il vient saluer à la fin du Lac des Cygnes, et cela même au Royal Opera House...

La loge d'Aymeric 16/10/2012 15:31


Oui là c'était un peu ca, Carabosse qui se faisait siffler aussi!