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La Loge d'Aymeric

La Conversation, théâtre Hébertot

2 Novembre 2012, 21:43pm

Publié par La loge d'Aymeric

Quel meilleur moyen de se familiariser avec des chapitres de l'histoire assez méconnue que de s'offrir une pièce de théâtre dessus?

Jean d'Ormesson a écrit la conversation, un dialogue en 1803 ou 1804 entre Napoléon, premier consul à vie, et son 'seulement' deuxième consul, Cambacérès. Bilan de l'Histoire depuis la révolution, la haine contre les Bourbons, l'horreur de la Terreur, qui a conduit à la glorieuse carrière de Buonaparte, comme dirait Tolstoï.  Piqure de rappel avec la liste de tous les apports à la France: concordat, code civil, légion d'honneur. Mais aussi portrait de la vie de l'époque, on entend parler de Talleyrand, de Fouché, de Lebrun, des mœurs et habitudes de chacun.

Car la pièce reste un hommage à Napo, et cela se ressent jusque dans la salle. Quelques têtes d'aristocratie d'Empire, et surtout mes deux superbes voisins, qui peuvent être au choix des descendants de maréchaux soit d'obscurs thésards en histoire napoléonienne. Ils se sont marrés à quasiment chaque réplique, rectifiant à haute voix des citations de l'Empereur. J'ai commencé à douter de ma compréhension de la pièce jusqu'à ce que ma sœur lance à son tour un regard interloqué. Ouf je ne suis pas encore perdu pour la cause de l'humour.

Sous lieutenant à 16 ans, lieutenant à 22 (ces six années semblent avoir été beaucoup trop longues pour lui), puis l'ascension: caporal, capitaine, général. Mais il se fiche des événements, y penser suffit pour qu’ils se réalisent, grâce à sa bonne étoile visiblement. Car entre idéalisme et mégalomanie, Napo est un vrai personnage. Apres la monarchie et son principe de bonne naissance, la terreur et son égalité à tout prix, plus de talons rouges ou de bonnets rouges, voici venu le temps de la république du mérite. Voilà pour l'idéalisme. Puis c est la conquête du monde pour la mégalomanie: de Damas à Londres en passant par Vienne. 

Puis la pièce dresse un portrait du futur: formation de l'Empire, rappel de l'Antiquité avec les armoiries des Césars et le refus de la monarchie bourbonne.

On découvre un peu l'homme aussi, avec sa famille très nombreuse, grâce à l'histoire du châle: Joséphine a acheté une fortune le châle que convoitait Caroline. Letizia, Hortense, Pauline et toute la clique se jettent dans la fosse aux lions. Napo tranche, Joséphine garde le châle sans droit de le porter et Pauline reçoit des perles. Cela a plus fatigué Napo que la bataille de Marengo. 

Il faut quand même un certain talent pour se glisser dans la peau du plus petit des puissants hommes de ce monde! D'Aboville l'a sans nul doute. On sent un vrai travail de comportement dans ces gestes et son habit. Sa queue de pie militaire avec son col beaucoup trop grand, sa coiffure courte (et moche), les cheveux très noirs, les grandes cernes sous les yeux. Dans sa tenue, on voit le parvenu, il ne sait pas tenir, mais aussi le militaire avec des gestes marqués et vifs, qui va de mise avec ses décisions.

Un très bon duo avec Alain Pochet qui mélange malice et appréhension, une pièce courte, mais très intéressante!

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