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La Loge d'Aymeric

Les Premiers en Don Quichotte, un joli cadeau de Noël!

19 Décembre 2012, 08:17am

Publié par La loge d'Aymeric

Direction musicale: Kevin Rhodes. Kitri: Muriel Zusperreguy; Basilio: Vincent Chaillet; Espada: Alexis Renaud; La Danseuse de Rue: Sarah Kora Dayanova; Deux Amies: Mathilde Froustey et Charline Giezendanner; Le Gotan: Mathieu Botto; La Reine des Dryades: Laura Hecquet; Cupidon: Marine Ganio

Depuis Kaguyahime, j'adore Alice Renavand. Ce qui lui manque? Un bon rôle classique où elle puisse s'exprimer totalement et montrer qu'elle n'est pas uniquement une excellente moderne et contemporaine. C'est donc avec le plus grand plaisir que j'apprends qu'elle dansera Kitri. Le temps que ma soirée se libère et finalement la distribution a changé. Tant pis je vais pouvoir apprécier les superbes lignes de Mathieu Ganio et l'énergie de Pagliero. Ah non en fait toujours pas. Les affiches indiquent leurs noms mais les feuillets indiquent les petits jeunes. Aucune excuse de l'opéra avant le lever du rideau, ce n'est pas comme s'il fallait considérer que les spectateurs attendaient une distribution en particulier, n'est ce pas?

Pas d'étoiles donc ce soir, au grand regret de ma voisine et de son mari, mais en tout cas une bien belle réussite! Moi qui m'attendait à la virtuosité Ganio, je n'ai finalement pas été déçu par la prestation très noble et techniquement impeccable de Chaillet. Une telle prise de parole, c'est important. Ici donc beaucoup de grâce, de très belles lignes, un danseur grand qui danse comme ça, c'est vraiment très agréable. Une danse très propre, je sens un vrai travail derrière. Résultat il parait très sérieux. On arrive donc à une différente vision de Basilio, moins expressive dans le grand jeu dramaturgique. Beaucoup de pudeur dans sa scène de suicide, moins amusante qu'avec Paquette, mais toujours aussi malicieuse.
 

http://www.altamusica.com/wpic/chaillet_vincent.jpg

Il ne joue plus trop avec Kitri le jeu de la jalousie. Il sait bien que si elle drague un peu à droite à gauche, elle lui reste fidèle. Il est un espagnol romantique et un peu rêveur. C'est pour saisir son attention que Muriel fait des bêtises, mais ils sont très amoureux. Au début du deuxième acte, certains regards ravissants.

Elle est charmante, un sourire étincelant et ravageur face au sérieux de Chaillet. Pour une fois, Kitri est une adolescente et non pas une femme, c'est bien ici un amour de jeunesse devant nous. Elle est un peu stressée comme son partenaire au premier acte avec une variation correcte des castagnettes mais sans utiliser les dites castagnettes. Ils se lâchent tous les deux au fil de la soirée, avec un bon pas de deux eu mariage. J'ai surtout adoré la confiance qui régnait lors des équilibres comme les regards qui s'échangeaient, entre (beaucoup de) stress et satisfaction. De très beaux piqués plein d'énergie avec un joli travail d'éventail et une danseuse qui parait enfin détendue. Chaillet a certes eu quelques hésitations dans sa variation, mais son manège est super!
 

http://www.operadeparis.fr/resources/0910/LOpera/LeBallet/Muriel.zusperreguy.jpg

Un couple phare qui m'enchante, avec des demi solistes en demi teinte pour les entourer. Charline G et Mathilde F en amies, très en rythme, qui se regardent, s'amusent, impressionnent et sont à fond dans le jeu! Renaud était assez effrayant en Espada dans le premier acte, il avait l'air très fatigué, ce qui avait au moins comme mérite de faire briller Dayanova! Sans doute un reste de fougue naturelle russe. Ils reviennent tous les deux bien plus en forme au dernier acte avec un fandango plein de panache.

Le deuxième acte est très varié. Apres la beauté du couple phare sur la musique de la Bayadère, une scène des gitans un peu ennuyante, beaucoup moins énergique qu'avec Madin. La scène des Dryades est en revanche superbe, la chorégraphie se détache quand même largement du reste. Hecquet s'est décoincée depuis la générale. Elle fait toujours reine, mais avec beaucoup de grâce. Le Cupidon de Marine Ganio est tout mignon, tout amour, léger et souriant, très précise dans ses gestes. Dulcinée est moins souriante que Kitri, mais Muriel ne peut s'en empêcher. Elle a une très belle grâce dans ses gestes, avec une belle endurance.

La musique m'entraine de plus en plus, les thèmes hispanisants et vivifiants nous trottent dans la tête même quelque jours après. Dommage néanmoins que la scène de Bastille soit si obscure, et ce dès la scène introductive, qui rend l'Espagne moins lumineuse que ce qu'on pourrait en penser.

Je suis sorti heureux comme un enfant devant son arbre de Noël qui a reçu de belles surprises auxquelles il va penser pendant longtemps en souriant!

Un dernier Don Quichotte m'attend le 26 avec Zakharova dans le rôle titre, qui apportera sans doute le peps made in Bolshoi!

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