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La Loge d'Aymeric

Mode, Impressionnisme, Carsen et Succès à Orsay!

14 Octobre 2012, 21:17pm

Publié par La loge d'Aymeric

Je me conforme à nouveau à mon cadre BCBG-Carsen (déjà dévoilé dans Capriccio), et cours à l'exposition d'Orsay. Entre les oeuvres monumentales du musées qui entraînent des capacités de super-expos non négligeables, le talent de Carsen (promis, j'arrête après) et le thème originale, tous les ingrédients étaient présents pour un bon moment.

L'exposition se décline en différents moments. Tout d'abord nous avons l'impression d'être dans un magasin, puis dans un défilé de mode, dans un salon, à nouveau à un défilé, puis dans des cabinets de toilette différents. Les illustrations des thématiques sont donc uniquement des tableaux de maitre: Renoir, Monet, Morisot...

Grande ébullition que cette fin du XiXeme. Avec l'impressionnisme apparaît la fin de la pose de genre, les modèles sont donc représentés dans leur milieu naturel, habillés comme ils le souhaitent. En parallèle se développent les grands magasins, au premier rang le Bon Marché, qui fête cette année ses 160 ans. Je ne saurais que trop recommander Aux Bonheurs des Dames pour ceux qui ne se sont jamais plongés dedans. Les couturiers industriels explosent, vendant leurs sketchs à des magasins qui les reproduisent dans leurs catalogues. Comme l'illustrent un Renoir et un Manet, c'est l'essor des journaux de mode.

Les arts décors et Galliera ont prêté des costumes d'époque. La première salle mélange donc les témoignages des grands magasins, dont des citations de Zola, les robes et quelques tableaux. Le monde dans cette salle reflète bien l'affluence des magasins! Un nouveau marché explose, comme en témoigne Zola: "La femme est sans force contre la réclame, elle finit fatalement par aller au bruit."

http://www.lexpress.fr/pictures/865/443214_la-parisienne-d-edouard-manet-au-musee-d-orsay-le-24-septembre-2012-a-paris.jpgAvec le rouge vif, j'entre dans une salle tout à fait intéressante, au rendu scénique génial! Après la première étape, vous tombez nez à nez avec un miroir, quelle sera l'image que je laisserai à la postérité? Trois tableaux sont ensuite placés devant des miroirs, le tout encadré par des rangs de chaises. Mais pas n'importe quelles chaises! De très belles chaises d'or et de velours rouge où sont inscrits des noms sur des cartons, réservant ainsi les places pour l'élite artistique et mondaine de l'époque. Dumas Fils, Morisot, Offenbach, Nadar, Bernhardt ont ainsi leurs chaises réservées pour ce fashion show si people.

L'effet rendu est vraiment bon. Une dame demande à son amie si elle peut s'asseoir, mais c'est le but! On se sent donc observé, tout comme les modèles présents sur les trois tableaux. Ils ont été choisis pour leur grande élégance et leurs portraits en pieds. Deux Manet et un Morisot se contemplent ainsi dans leurs miroirs.

http://doudou.gheerbrant.com/blog2/wp-content/beraudsoiree.jpgJe me retrouve ensuite dans un salon au ton bleu ou gris clair. Pas toutes les oeuvres ne valent le coup, mais l'empilement des petits tableaux créent un bel effet salon. De jolis Morisot, si reconnaissables! Un tableau de Jean Béraud, Une Soirée, me remplit de Prousteries! Les oeuvres de Tissot et de Stevens doivent avoir un intérêt pour les spécialistes de la mode, mais sinon rien...

S'ensuit un nouveau défilé, avec dans le public les places de Cézanne, Flaubert, Vuitton, Daudet, Verlaine, Toulouse-Lautrec (sans titre de Comte...). Un Durant ultra réaliste, un Manet très vivifiant avec La Parisienne, allégorie de la femme, moderne et indépendante. C'est le même modèle que l'Absinthe, mais elle est ici nettement moins déprimante.

Une salle sur le paraître, au bal, au théâtre. Le Renoir de la Courtauld est là, l'instant éphémère avant le lever de rideau: les jumelles, les fleurs, les bijoux. Les robes deviennent elles aussi éphémères, jamais une robe ne sera remise, imaginez vous que Mme de Guermante porte la même robe deux fois de suite?

" Une femme en corset est un mensonge, une fiction, mais pour nous autres cette fiction est mieux que la réalité" ou comment le corset a enfermé la femme dans des tonnes de tissus! Nana nous montre une cocotte telle Odette de Crécy, s'habillant devant un miroir et l'oeil avisé d'un vieux barbon.

Après une ultime salle sur les chapeaux, les ombrelles, enfin place aux hommes! Dans deux cabinets très droits et sérieux, l'homme est exposé. Aux femmes la palette de couleurs, l'homme n'est que le faire valoir de sa partenaire. Il reste habillé em costume mais doit paraître lumineux.

"Le dandysme n'est même pas, comme beaucoup de personnes paraissent le croire, un goût immodéré de la toilette et de l'élégance matérielle. Ces choses me sont pour le parfait dandy qu'un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit. Aussi, à ses yeux, épris avant tout de distinction, la perfection de la toilette consiste-t-elle dans la simplicité absolue qui est en effet la meilleure manière de se distinguer." -Baudelaire, Le Peintre de la vie Moderne.

Danse à la campagne de Renoir ouvre sur la partie sans doute la plus intéressante de l'expo, un grand espace couvert de gazon artificiel, avec des bruits tout à fait kitsch d'oiseaux. Plus de murs ou de cloisons, mais une sensation d'espace. Un passage obligé pour les impressionnistes que ces scènes de nature où la mode reste toujours aussi importante. Déjeuner sur l'herbe version Monet, Femme à l'ombrelle. Les toilettes explosent de lumière et de couleurs!

Clin d'oeil final avec "Rue de Paris" de Caillebotte, retour sous la pluie!

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