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La Loge d'Aymeric

Repetition Générale de Don Quichotte

16 Novembre 2012, 08:20am

Publié par La loge d'Aymeric

Opéra Bastille, 15 Novembre 2012. Chorégraphie de Rudolf Noureev d'après Marius Petipa. Direction Musicale: Kevin Rhodes. Kitri/Dulcinée: Ludmila Pagliero; Basilio: Karl Paquette; Espada: Florimond Lorieux; La Danseuse de Rue: Eve Grinsztajn; Le Gitan: Allister Madin; La Reine des Dryades: Sarah Kora Dayanova; Cupidon: Mélanie Hurel

 

J'ai une relation particulière avec ce ballet. La première fois, je l'avais vu avec le Bolchoï il y a deux ans, ce qui avait été clairement mon spectacle de danse de la saison. Je m'étais dit à l'époque: "c'est fou, ces danseurs s'éclatent sur scène." Et oui, des danseurs qui mettent un point d'orgue à montrer de l'énergie, cela fait plaisir. Mais après tout la chorégraphie russe s 'y prête. Soit. Mais même celle de Noureev le permet. Ainsi la vidéo avec Legris et Dupont laisse sentir une énergie même à travers un écran. Cette captation remonte à une dizaine d'années, quel en est l'héritage?

Ce soir-là, générale, dernière répétition avant le lancement de cette très (trop?) longue série d'une trentaine de représentations. Comme d'habitude, les séries de classique ont été chamboulées par des accidents à répétition. Bullion et Ould-Braham ont du se retirer. Les distributions ont été confirmées 48h avant la première. Par comparaison, je sais déjà qui je verrai dans Onéguine au Royal Ballet dans 3 mois.

http://www.arop-opera.com/Upload/Spectacles/Photo_481.jpgPagliero a su briller là où elle est forte: sa technique. Il en faut dans un tel ballet, où tout va si vite. Sa variation des castagnettes, qui ne dure finalement que quelques instants, est un vrai bonheur. Je crois même apercevoir une légère touche de fougue. Mais pour la fougue hispanique, il ne faut pas regarder la danseuse argentine, mais les seconds rôles. Par exemple Grinsztajn est époustouflante de vitalité en danseuse de rue (avec d'ailleurs le même sourire ravageur que Letestu), ou encore Bourdon et Hecquet comme amies vivifiantes de Kitri.

Pagliero offre donc une Dulcinée que j'ai beaucoup aimé. Elle est uniquement le fruit de la vision de Don Quichotte et apparait donc ici comme ce dernier l'imagine: une femme superbe et belle mais froide et forcément distante.

C'est le désir de bien faire finalement, que je retrouve aussi à une autre échelle avec Paquette-Basilio. C'est très marquant dans le dernier adage. Le couple semble aller trop vite et prend trop d'avance sur la musique. Après avoir effectué leurs pas, ils se retrouvent à attendre que la musique suive.

Paquette s'améliore un peu en ce qui concerne la dramaturgie, mais j'ai quand même besoin de jumelles pour voir des expressions sur son visage. Il a recouvert toute la palette des qualificatifs possibles. Il semble parfois manquer de musicalité et douter de sa technique, avec des atterrissages souvent hasardeux et un ultime manège bien dangereux. Mais de l'autre côté, certaines variations de l'acte I et III sont accomplies correctement.

Le vrai souci est que ce couple ne fonctionne pas totalement. Si la complicité est peut être présente, la grâce nécessaire n'est pas là. Et c'est bien dommage. Les pas s'enchaînent, les mains se lient et se délient, mais avec peu de délicatesse. J'imagine qu'en tant que premier couple de la série, ils doivent êtres stressés. J'espère qu'ils sauront se libérer un peu pour la suite!

Lorieux est peut-être trop libéré justement. Il respire la joie et m'épate mais finit par tomber. Dommage, mais dans l'ensemble c'était très bon. De la même façon, Madin est époustouflant en Gitan, à part un petit cafouillage; ses pas sont si rapides et précis, même avec des corps de ballet placés de façon étonnante et qui parfois le bloquent. La pantomime paraîtra longue à certains, mais Phavorin la rend très sympathiques. Gamache est une sorte de nouvel Alain, avec son parapluie et sa coquetterie, mais en pire!

Je finis donc ainsi par plus applaudir le seconds solistes que les étoiles, comme Hurel qui signe un Cupidon tout mignon, ou Dayanova, peut-être un peu froide mais majestueuse en Reine des Dryades.

Une bonne générale donc. La production de l'opéra, avec ses costumes et ses décors, est superbe. Le public est conquis et applaudit à la russe, c'est à dire non stop pendant le coda final. Il aurait juste fallu avoir la fugue russe sur scène. Allez y, lâchez vous!

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Chloé 17/11/2012 13:13

Dayanova et non Doyanova

La loge d'Aymeric 17/11/2012 15:09


Erreur de frappe! C'est corrigé!