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La Loge d'Aymeric

Royal Ballet School Annual Performance

19 Juillet 2012, 14:47pm

Publié par La loge d'Aymeric

Après avoir découvert la veille le Royal Ballet et ses Principals, je me dirige à nouveau vers Covent Garden le dimanche 15 Juillet pour assister à l’unique représentation du spectacle de l’école de danse du Royal Ballet (RBS, qui signifie Royal Ballet School et non Royal Bank of Scotland, attention) sur la scène principale. Sept spectacles, suivis d’un défilé pour permettre aux élèves de l’école de fouler les planches pour la première fois pour les plus jeunes, pour la dernière fois pour les plus âgés qui rejoindront de grandes compagnies internationales par la suite.

http://www.imagination.com/sites/default/files/ballet_632x359_0.jpg

Attention, la RBS n’a pas les mêmes liens avec le Royal Ballet que l’école de Nanterre avec le Ballet de l’Opéra de Paris, beaucoup moins de danseurs viennent directement de l’école. Polémique alors sur l’École française, est-elle trop sectaire, se limitant uniquement aux élèves qu’elle a formés, et cela lui est il dommageable à notre époque ? Vu les récents comptes-rendus de la tournée américaine sur la tournée du Ballet aux Etats-Unis,  non. Les journalistes outre-Atlantique vantent pour la plupart l’unisson et la similitude de la technique du corps de ballet, venus tout droit de la formation de Claude Bessy ou Elisabeth Platel.

Jubilation, musique de Glazunov, chorégraphie de Diane van Schoor et Antonio Castilla

Une première pièce toute mignonne qui met en scène des élèves de 12 à 13 ans (je crois). Que c’est impressionnant de voir ces jeunes filles déjà sur pointes ! Les garçons portent un peu, sautent un peu, mais servent surtout de faire-valoir à leurs compagnes. Les élèves saluent sous les ovations de la foule, n’oublions pas que c’est un spectacle d’école !

Games for Gods, musique de Britten, chorégraphie de Matthew Hart

A quelques semaines de la cérémonie d’ouverture des JO, un ballet sur le thème des jeux olympiens antiques. L’idée est intéressante, permettant notamment de brasser largement dans les larges ressources de l’école. Trois groupes : les dieux, les sportifs et les spectateurs qui reprennent chacun une classe d’âge. Sont alors sur scène des élèves entre 11 et 18 ans. Est obligé le travail en groupe et la coopération exacte entre trois ou quatre élèves, comme dans la scène du pugilat. Si les plus jeunes paraissent toujours aussi mignons, les plus âgés (équivalent des premières divisions parisiennes) font preuve de vraies capacités techniques. Mais cette pièce est largement trop longue, et la musique de Britten peu stimulante.

Simple Symphony, musique de Britten, chorégraphie d’Alastair Marriott

Ma pièce préférée de cette première partie ! Cela m’a rappelé Robbins, mais uniquement le côté vivifiant et vivant. Trois couples, un corps de ballet, identifiés, comme Dances at a Gathering, par leurs couleurs : orange, rose, violet et vert. Les six solistes en couple sont vraiment très bons, des sauts et des pirouettes de bonne qualité. La musique de Britten est uniquement composée de cordes, un tempo qui évolue très agréablement. Cette pièce combine le distrayant à la technique.

Uneven Ground, musique de Mercedes Sosa, chorégraphie de Paul Boyd

Comme l’indique son titre, cette pièce est assez inégale, trop longue également. Une idée sympathique de street boys dansant après la sieste puis un des garçons se révèle être une fille, qui s’oppose alors aux autres. Un style beaucoup plus moderne, qui indique la diversité de ce que ces futurs danseurs vont devoir affronter. Pour une compagnie classique, montrer une capacité à s’adapter est évidemment nécessaire, notamment en moderne. Les élèves semblent s’y plaire et montrent un réel enthousiasme dans les sauts et les nombreuses chutes.

Un Ballo, musique de Ravel, chorégraphie de Kylian

Après l’entracte, retour avec ce superbe ballet. Déjà, c’est beau. Sept couples habillés de noir dansent sous un plafond orné de bougies. Puis c’est sur du Ravel, Le Tombeau de Couperin et Pavane pour une infante défunte, c’est très doux et délicat, un très bon choix. Enfin, c’est du Kylian ! Cette œuvre demande beaucoup de maturité, les élèves vont découvrir leur partenaire, réagir à eux. Pas d’interaction entre les couples, uniquement entre partenaires, ils ne se lâchent pas des yeux. Un couple, puis deux, puis un, puis les sept couples s’avancent de la pénombre de la fin de scène. Pas de technique particulière, pas de pointes, mais beaucoup de beautés, des bras qui se tiennent, quelques portés. Je trouve cela très poétique et beau, dans cette atmosphère lugubre mais si prenante.

Yondering, musique de Foster chantée par Thomas Hampson, chorégraphie de Neumeier

Le thème du bal continue, mais sur un thème bien plus joyeux. Une œuvre tout en blanc, très joyeuse, un peu dans l’esprit Petite Maison dans la Prairie. Les chansons un peu country étaient connues de mon (très) jeune voisin. Ici aussi une découverte de l’autre, mais avec des relations  simplifiées au simple oui/non. Sept petits épisodes qui gagnent en maturité. Un joli duo  Molly ! Do You love Me ? où Lily Howes brille. Tout ce petit monde, une quinzaine de danseurs, se réunit alors pour aller à la rivière. Les robes blanches me rappellent un peu l’épisode des Jeunes Filles en Fleur de Roland Petit. Les hommes se prennent ensuite pour des guerriers partant en guerre avant une réunion des couples dans la dernière scène. Une pièce réjouissante qui fait sourire ou qui émeut, une vraie pièce pour de vrais danseurs.

Paquita, musique de Minkus, chorégraphie inspirée de Petipa

Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas particulièrement ce ballet, mais j’ai quand même aimé les extraits choisis, dont le pas de trois. La compagnie est classique et s’assume comme telle, finissant son spectacle par ce pilier du répertoire. La musique de Minkus est toujours aussi fade et ennuyante. Le trio du pas de trois (Ball, O’Sullivan, Monaghan) a réussi à bien me divertir, si ce n’était pour le sourire Colgate de l’homme. Le couple principal (Magri, Martin) s’améliore certes avec le finale, mais semble assez hésitant.

Grand Défilé

En attendant la saison prochaine pour espérer découvrir le mythique défilé de Paris, celui de Londres m’a semblé très moderne et plein d’énergie. Les classes se succèdent, courant d’un côté à l’autre dans des couleurs représentatives, posant pour quelques instants sur scène. Puis tout le monde se réunit pour un arrangement en lignes et diagonales, et enfin un placement en bloc très coloré, filles d’un côté, garçons de l’autre. Il ne dure que quelques instants, mais sous les applaudissements (relativement hésitants) du public, cela est du plus bel effet ! Une très belle représentation qui laisse voir les multiples talents des écoliers !
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b3/Royal_Ballet_School_curtail_call.JPG

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