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La Loge d'Aymeric

Saras Baras Ballet Flamenco: La Pepa au Théâtre des Champs Elysées

4 Janvier 2013, 11:56am

Publié par La loge d'Aymeric

Après une première entrée dans le monde du flamenco la semaine dernière avec Antonio Gades, me voilà de retour en 2013 (bonne année d’ailleurs) pour un spectacle plein d’énergie qui donne une énergie incroyable !

 

La Pepa est le nom donné par les Espagnols à la constitution de 1812, une fois les Buonaparte partis. Cette constitution donnait un nouveau tournant à l’Espagne, et donnait un grand air de liberté. Néanmoins, c’est un point symbolique sans finalement de grand effet puisqu’elle ne fut pas appliquée bien longtemps, Ferdinand VII la révoqua à son retour sur le trône. Elle sera de nouveau implémentée pendant quelques années par la suite.

 

Elle apporte dans l’imaginaire collectif espagnole un souffle de liberté : les Cortès vont pouvoir régir le pays et à travers eux le peuple. Et c’est bien ce que je perçois devant la chorégraphie de Sara Baras, une liberté de danser, de s’exprimer. Il est d’ailleurs amusant de parler de chorégraphie tant les danseurs eux-mêmes semblent bien détacher de limites de chorégraphies : ils vont jusqu’au bout dans leur désir de transmettre leur énergie et leur musicalité.

 

L’histoire reste donc vague, quelques éléments décoratifs, une bataille initiale puis la glorification du personnage symbolique de la Pepa servent de cadre au ballet. Peut être que mon absence de connaissance en espagnol n’aide pas. Mais ça n’a pas été un obstacle pour passer une très bonne soirée.

 

Les scènes se succèdent sans se ressembler. Les femmes sont sensuelles, séduisantes, frappant du talon avec élégance, soulevant et secouant les volants de leurs jupes en rythme avec la musique. Le passage avec les foulards est un de mes préférés, tout est en rythme. Avec comme accompagnement musical deux guitaristes et trois chanteurs principaux, tout le spectacle peut s’ajuster au dernier moment et peut être que chaque soir le spectacle est bien différent.

 

http://www.theatrechampselysees.fr/uploads/spectacle/c72a9611710da569b6aab8c5304005b1dda60a57.jpgArrivent ensuite les hommes, tellement plus sérieux et droit, toujours plein de fougue et d’élégance, avec des frappes de talons qui paraissent plus discrètes mais raisonnent en réalité beaucoup plus dans toute la salle. Un grand coup de souffle ibérique, plein de fierté et également de sensualité. Deux corps de ballet qui sont donc plein de vie et, surtout, qui réussissent à transmettre cette vie.

 

Puis il y a deux solistes d’exceptions. José Serrano, danseur invité de la compagnie, est un homme plein d’énergie qui s’amuse à se jouer de la musique, à réclamer un silence aux danseurs et au public afin de repartir dans des frappements de talons dans un silence qui se brise quelques instants plus tard. Une tension règne, mais une tension excitante.

 

Comme chaque danseur, les solistes dansent chacun dans les formes de lumières que dessinent les projecteurs, des ronds, des carrés, des ovales. Des limites qui permettent de canaliser l’énergie débordante de chacun. Mais pas pour Sara Baras qui se refuse ces limites et réussit à élargir ses cercles à force de frappe de talons. C’est vraiment la plus hallucinante, ses solos semblent durer des heures. C’est comme un défi avec elle-même, ou alors qu’elle lance au public. Mais elle sait qu’elle va le réussir. Elle semble happée par sa danse, je vois qu’elle fatigue mais elle y tient, elle continue. Elle a un côté dominatrice, à subjuguer les hommes qui voit en elle ce que les Français verraient en Marianne : la liberté.

 

Au-delà des pas, la passion, la façon de tendre sa main, de tenir son éventail ou sa jupe, de regarder l’autre. Une tension qui nous tient pendant ces deux heures de spectacle ! Et plus longtemps vu que la compagnie, soliste en tête nous refont quelques pas une fois la standing ovation rassise!

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