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La Loge d'Aymeric

Un chapeau de paille d'Italie au Français

1 Décembre 2012, 11:48am

Publié par La loge d'Aymeric

Mise en scène: Girogio Barberico Corsetti. Anaïs: Véronique Vella; Clara: Coraly Zahonero; Beauperthuis: Jérôme Pouly; Virginie: Léonie Simaga; Vézinet: Gilles David; Nonancourt: Christian Hecq; Bobin: Félicien Juttner; Fadinard: Pierre Niney; Hélène: Adeline d'Hermy; La Baronne de Champigny: Danièle Lebrun; Achille de Rosalba: Elliot Jenicor; Félix: Louis Arene

Quand l'intrigue d'une pièce commence par un cheval qui mange un chapeau de paille de Florence à 500 francs, je me dis que je suis parti pour trois heures de délire. Rien n'a loupé, tout était au rendez vous pour livrer une soirée très entrainante.

Lorsque le Français joue Un Fil a la Patte de Feydeau, c'est très drôle, très réussi, récompensé par les (derniers) Molières, mais cela reste très conventionnel. Un humour attendu et finalement relativement froid. Ici la compagnie a réussi superbement à casser son image de grande institution poussiéreuse.

Au lieu de laisser l'action au XIX ème, finalement bien loin du spectateur, la pièce est placée dans une des périodes les plus amusantes du XX ème, les années 60. Couleurs, chapeaux, pattes d'éléphants, grands cols italiens: tout est sexy et moderne. La robe de la mariée ressemble certes plus à une robe de stripteaseuse déguisée en mariée, mais d'Hermy réussit à utiliser sa robe comme un outil de dramaturgie et de comique. Son texte est certes court, mais elle réussit à s'imposer comme un des premiers personnages.

Elle est enfermée par cette famille de paysans, non habituée à être habillé de souliers vernis, qui préfére les santiags, s'embrassent à longueur de journée, allant presque jusqu'à l'inceste, comme le cousin le montre.


C'est donc avec plaisir que toute cette bonne humeur est canalisée dans quelques instants musicaux accompagnés des guitares, batterie et saxophone, ni trop long, ni trop ennuyant, de la bonne humeur, toujours de la bonne humeur.

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/11/06/40f5572c-2826-11e2-beb6-225ddcf72f23-493x328.jpg


Labiche, ou la satire sociale. En une pièce, on a pu se moquer des réunions mondaines de l'aristocratie avec le dernier chanteur à la mode que personne n'a jamais entendu; des mariages des ploucs enrichis; et des déboires d'un jeune bourgeois rentier qui semble noyé par toute l'action autour de lui.

Ce jeune homme, c'est Pierre Niney. Il s'impose rapidement comme le nouveau jeune premier du Français. Une énergie débordante, des sauts qui nous font souffrir mais dont il se relève en ajustant son col, il court partout, se met complètement dans le rôle de l'adolescent qui commence à vieillir et comprend que l'on va commencer à attendre des choses de lui. Son mariage ressemble donc plutôt à un mariage d'enfants et semble bien l'embêter. Ce qui est censé être le plus beau jour de sa vie devient une course poursuite dans Paris où il traine "sa noce dans huit fiacres." Son jeu est franc, vrai, naturel, il sait l'exagérer quand il faut.

Hecq est de retour avec un personnage plein de mimes comme il en faut, plein d'attitudes qui font s'esclaffer la salle. Il joue le personnage fier des classes inférieures, il traine sa myrte comme un bébé à travers la pièce, fini en caleçon, se bat avec les autorités: c'est son registre, il y excelle.

Le décor s'accorde avec le reste, fun, moderne, innovant. Chez la baronne, tout est de faux semblant, en trompe l'oeil; chez la modiste, la spirale confirme que tout ne va que se complexifier dans une suite de quiproquos.

Les quiproquos, les amants africains, les "ciel mon mari", les amantes retrouvées, les vieilles baronnes riches, rien de nouveau me direz vous. Il suffit juste de savoir l'adapter!

 

(photos du Figaro)

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