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La Loge d'Aymeric

Un rêve indien

29 Mars 2012, 21:41pm

Publié par lalogedaymeric

Mercredi 28 Mars 2012 Noureev : La Bayadère

Distribution : Myriam Ould-Braham/Nikya ; Florian Magnenet/Solor ; Charline Giezendanner/Gamzatti; Allister Madin/L’Idole Dorée; Eléonore Guérineau/Manou; Héloïse Bourdon, Valentine Colasante, Sabrina Mallem/Les Ombres principales



Mes deux premières représentations avaient mis la barre assez haute, mais Myriam Ould-Braham a su m’éblouir et m’émouvoir, réalisant avec Florian Magnenet un très beau couple.

Background Je devais me limiter aux deux Bayadères de Zakharova, mais la rumeur de la nomination d’Hoffalt et une annonce de ticket sur twitter m’ont fait passer deux excellentes soirées grâce à Aurélie Dupont et Josua Hoffalt. Une fois les distributions tombées, l’annonce de Myriam Ould-Braham (aka MOB) dans le rôle titre me pousse inévitablement à tenter les pass jeunes. D’autant plus que Mathilde Froustey était annoncée pour danser la méchante Gamzatti. Avec les accidents par paquets dans le ballet, j’avais très peur. Et Mathilde se blesse, laissant place à Pagliero le 22 qui est alors nommée étoile. Le 27 Allister Madin annonce sur twitter qu’il dansera le rôle de l’idole, prenant ainsi la place d’Emmanuel Thibault. 4ème pass, je récupère un fond de parterre. A la place des anciennes places à 5 euros, ils ont installé des places catégorie 5 (vendues 7 fois plus cher !). Aucun espoir de replacement, je m’agrippe à mes jumelles pendant les 3h.

Musique Soit, Minkus c’est terrible. C’est plat. Tchaïkovski et Prokofiev ont fait beaucoup mieux pour le ballet. Mais, peut-être par effet d’habitude, cette musique me plait de plus en plus. En revanche, moi qui n’ai jamais été très sensible à l’acoustique, là je crie au scandale. Je n’entendais strictement rien depuis ma place. Heureusement que ce n’était pas un opéra ! Mais je félicite Karoui à la tête de l’orchestre que j’avais remarqué lors de la première.

Premier acte Il est un peu long, le corps de ballet m’avait paru plus expressif les autres soirs. La pantomime est un peu longuette. Le premier pas, où le couple jure leur amour, Magnenet, comme à son habitude, veut trop en faire. On ne croit pas à sa poursuite amoureuse (que je regarde de plus en plus depuis que Laurent Hilaire l’a fait travailler lors de la représentation publique). MOB m’a paru un peu stressée, quelques problèmes avec sa robe, comme plus tard avec son voile. La danse avec l’esclave est très jolie, alors que ce moment n’est pas le plus facile (Dupont est d’ailleurs tombée le 17). Je cherche Bittencourt dans le corps de ballet, mais il a ce soir un rôle moins important que d’habitude. Dommage. La confrontation entre Gamzatti et Nikya est souvent un moment attendu : y aura-t-il assez d’expressivité ? Cela n’avait pas la puissance de Gilbert/Dupont, qui montrait la princesse royale violente qui s’énerve devant la noble danseuse. Mais ce n’était pas pourtant faux. Charline faisait petite fille gâtée qui voulait garder son joli palais et son homme pour elle, MOB montrait une danseuse qui ne comprenait pas vraiment et voit le couteau tout à fait au dernier moment. On y croit, c’est le principal !

Le mariage Scène tout à fait kitsch, l’éléphant arrive, puis le tigre (oui oui c’est bien un tigre avec des rayures). L’idole dorée l’est beaucoup moins que Thibault qui s’était enduit les premiers soirs d’une peinture corporelle très brillante. Mandin réalise néanmoins une jolie performance, de beaux sauts notamment. La danse de Manou est également toujours aussi charmante (même s’il manque la malice de Mathilde Froustey), un très bon trio avec les deux jeunes danseuses de l’École. La variation de Solor est un succès, la technique est très belle, de beaux sauts, de beaux tours, des mouvements de bras très biens. J’ai tendance à critiquer Magnenet (la mèche !), mais il m’a beaucoup impressionné (même plus qu’Hoffalt….). Charline s’en tire très bien dans les fameux fouettés. Elle n’était pas prévue pour danser le rôle et l’a donc appris en très peu de temps. Si on sent un grand stress dans ses premiers pas, il faut la féliciter car elle campe une Gamzatti tout à fait correct ! Lorsque MOB arrive, il y a beaucoup d’émotions, un vrai jeu d’acteur tout d’abord. Puis une danse très juste. Si j’ai rêvé de Dupont avec sa corbeille de fleurs, MOB est ici une vraie ballerine et mélange l’entrain avec la grâce. 

Acte Blanc Le ballet signe une jolie descente, je lâche un instant mes jumelles pour simplement profiter du spectacle. Une ombre tremble beaucoup et donne l’impression de tomber. Le charme rompu, je ne profite pas des derniers instants, d’autant plus que j’entends le bar de l’opéra derrière moi qui vide les bouteilles, merci les derniers rangs… La deuxième Ombre, qui m’avait beaucoup plu avec Charline le 7 et le 17 où elle montrait une énergie de folie, s’en tirait assez bien lorsqu’elle tombe, mais se relève rapidement et finit sous les applaudissements. Sabrina Mallem danse la 3ème Ombre et m’a un peu décu. Elle a un côté un peu grande liane, qui m’avait plu dans sa danse indienne le soir de la première, mais là j’ai un peu plus de mal.

Florian et Myriam Leur pas de deux était superbe. J’avais la voix qui tremblait un peu à la sortie. Les mobquatre parties très réussies. Myriam est une très belle danseuse, qui accompagne chaque geste avec un souci de précision et de justesse. Magnenet de la même façon la suit et la porte tout comme il faut et signe aussi un bon Solor, peut-être trop romantique à mon goût. Mais je ne peux pas lâcher MOB des yeux, et même au milieu des Ombres je ne vois qu’elle. Et lorsque je vois Brigitte Lefèvre sortir lors des applaudissements, je m’imagine déjà une nouvelle étoile. Et puis non, la troisième nommée sur la même série, c’est trop dommage. Lorsque je la vois à la sortie des artistes, toute calme et reposée, j’admire encore plus son travail. C’est pour bientôt ! Courage. Et merci.

Héloïse Bourdon Tout le monde parlait de la fameuse matinée du 24 mars où Bourdon a fait des merveilles, mais malheureusement je n’y étais pas (il faut bien travailler de temps en temps). Si je l’avais vaguement repérée, j’ai réellement su qui elle était le soir où elle a reçu le prix AROP. Depuis, il est vrai qu’on la remarque beaucoup danser, elle brille dans le corps de ballet. Le 7 et le 17, elle a fait de très belles choses en bayadère et en ombre, tout était très juste techniquement. Mais le 28, si sa première Ombre était très bien, la meilleure des trois, sa danse indienne m’a paru trop faible. C’est une véritable ballerine au sens classique du terme et semblait avoir du mal à se lâcher comme le demande ce morceau. Mais Héloïse semble promise à un très bel avenir et je le lui souhaite ! 

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