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La Loge d'Aymeric

West Side Story, Broadway au Châtelet!

26 Novembre 2012, 09:39am

Publié par La loge d'Aymeric

Par Jerome Robbins, Arthur Laurents, Leonard Bernstein, Stephen Sondheim. Mise en scène: Joey McKneely. Direction musicale: Donald Chan. Tony: Liam Tobin; Maria: Elena Sancho Pereg; Anita: Yanira Marin; Riff: Andy Jones; Bernardo: Pepe Muñoz.

Broadway débarque de plus en plus souvent au Châtelet, dans des versions très réussies. Les musicals donnés dans les théâtres du 9ème comme le Mogador sont souvent respectueux de la mise en scène original, mais avoir traduit les chansons me donnent quelques frissons. Avoir traduit celles d'ABBA pour Mama Mia, c'est un sacrilège! Enfin bon, il parait que l'effet rendu reste très bon, une fois cet obstacle dépassé.

Cela fait quelques saisons que le Châtelet (théâtre lyrique de Paris ne l'oublions pas) présente des comédies musicales, A Little Night Music, the Sound of Music, My Fair Lady, Sweeney Todd, déjà West Side Story il y a quelques années. Les versions sont pour la plupart importées du West End londonien ou du géant Broadway, et, surtout, gardées dans leur version originale. Le succès est toujours présent, le public parisien est en attente de spectacles musicaux réussis et accessibles.

West Side Story, c'est Roméo et Juliette à la sauce des années 50. Ce mythe reste bel et bien universel et marque toujours autant, dans toutes ses adaptations, de Shakespeare à Waltz en passant par Berlioz et Bellini. Un musical aussi violent et dramatique était une première pour Broadway, le happy ending ayant un quasi-monopole. Mais quand tous les éléments de la dramaturgie, de la chorégraphie, de la musique et des chansons sont réunis, le chef d'oeuvre approche et le public s'est largement laissé séduit. 50 ans après ses débuts, West Side Story a donc été remonté dans une version faite pour les tournées internationales, et qui a reçu de nouveau un succès fou.

J'ai été complètement emballé par ce spectacle. Contrairement à une grande partie de la salle, je ne connaissais pas le film par cœur, et me suis donc laissé guidé par l'histoire.

http://www.musicalavenue.fr/files/image/dossiers/2012/06_Juin/Saison1213/Chatelet/WestSideStory.jpg
Ce sont sans doute les chansons qui m'ont le plus plu, avec certains tubes phares que finalement tout le monde a déjà entendus, comme le fameux America, le tout bercé par la musique de Bernstein, qui oscille entre calme et douceur, et rythme et tonique. Les chanteurs ont un niveau qui, sans être excellents, révèlent tous les aspects dramatiques des chansons. La seule m'ayant vraiment touché est Maria, qui monte sans problème dans les aigus, avec un I feel Pretty très enjoué. Tony ne tente rien de catastrophique et reste donc très correcte, notamment dans Tonight, son plus gros succès avec Maria.

Anita en revanche, quoique très bonne actrice, ne semble pas assez présente musicalement. America reste assez froid et est sauvé par la renommée de la chanson que tout le monde attend et finit par applaudir largement. Seule cinq ou six filles sont présentes sur scène et ne réussissent pas à remplir l'espace malgré leur agitation perpétuelle.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé les hommes d'un meilleur niveau que les femmes. Le moment le plus réussi est celui où les Sharks se moquent des policiers et se placent comme victime de la société pour échapper à la prison. Ils s'amusent sur scène, effectuent la pantomime sans souci, et avec plaisir, ils remplissent l'espace et captivent l'audience avec leur caricature sociale finalement assez glauque.

La chorégraphie est idéale pour ce genre de représentations, Robbins a su créer une œuvre populaire mais sans être vulgaire ou trop simpliste. Certaines traces de classique, mais beaucoup de modernité. La scène du bal est une des plus réussies, chaque mouvement semble millimétré, chacun est bien placé et l'effet rendu est bien celui d'une réussite! Comme lorsque la lumière se tamise et que Tony et Maria se rencontre alors que le reste du bal se déroule au dernier plan, indépendamment de la musique très douce de la rencontre. Les danseurs sont animés, se laissent portés par la musique et la chorégraphie. Le rythme est présent, cela donne une pêche formidable à la sortie!

A visiblement été rajoutée la scène du rêve où les amants imaginent un monde sans préjugés et séparations. Cette scène semble tout droit inspirée des actes en blanc des grands ballets classiques! Les jerseys, les marcels, les jupes, les pantalons deviennent tous blancs et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'au moment où le mal revient dans ce rêve et les amants sont séparés dans une imagerie plus violente et un peu Playmobil. Ca reste niais mais c'est amusant de voir cela ici.

Un point noir néanmoins, les chanteurs-danseurs sont certes très bons, mais leur côté acteur est assez faible, il y a donc peu d'émotions en dehors des chansons. De surcroît, l'entracte ne laisse que les trente dernières minutes à la fin, je me sens coupé de tout l'esprit de la première partie, son peps et bon esprit, sa vivacité. Bien peu d'émotions ressortent alors quand Tony est tué.
ABACA_339675_001.jpg
Mis à part ce petit point, la soirée est un énorme succès, la mise en scène est simple mais efficace, avec des escaliers et des balcons des immeubles du West Side de New York comme seul décor. Le public ne ressort pas meurtri d'un tel drame, mais si heureux d'avoir vu ce chef d’œuvre dans une production si réussie!

 

 

(Photos du Châtelet)

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X. Roger 22/12/2012 00:25

Je sors à l'instant de la représentation ! Quel régal ! Grand fan, je ne suis certes pas le plus objectif. Même bonheur qu'en 2007 (en sortant mon fils de 12 ans m'avait demandé si on pouvait le
revoir...), ce que nous venons de faire pour son plus grand bonheur. Je suis un peu moins sévère envers Anita qui a le mérite de danser et de chanter dans America, ce qui en soit est une vraie
prouesse.Maria est divine et très en voix ce soir. Tony et Riff étaient parfaits.
Il faut préciser que le conducteur de la version "Broadway" est un peu différent de celui du film où Cool est chanté après le combat , en revanche Gee, Officer Krupke est chanté avant. De même la
scène du rêve figure dans la partition (j'ai dit que j'étais un grand fan). A signaler la version "piano" des soeurs Labèque, sans oublier une version avec Kiri Te Kanawa et José Carreras.

La loge d'Aymeric 22/12/2012 15:19


Je n'avais pas vu le film avant (honte à moi), mon accompagnatrice était étonnée des différences avec le film! Tres bien si Tony était mieux! Le moment du reve m'a en tout cas bien amusé!