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La Loge d'Aymeric

Cendrillon de Pauline Viardot

24 Avril 2013, 10:55am

Publié par La loge d'Aymeric

Opéra Comique
23 avril 2013
Mise en scène : Thierry Thieû Niang
Piano : Marine Thoreau La Salle
Pauline Viardot : Marie Bunel ; Baron de Pictordu : Ronan Debois ; Marie, dite Cendrillon : Sandrine Buendia ; Armelinde : Alix Le Saux ; Maguelonne : Cécile Achille ; La Fée : Magali Arnault Stanczak ; Le Prince Charmant : François Rougier ; Comte Barigoule : Safir Behloul

 

 

Il suffit de remonter il y a quelques hivers pour que je rencontre Pauline Viardot. Ma sœur m’offre un livre sur la célèbre cantatrice qui m’était alors inconnue. Je découvre son histoire fascinante, depuis les genoux de Da Ponte sur lesquels elle s'assit enfant à la création du Barbier de Séville avec sa famille, la mort de sa sœur la grande Malibran, son idylle de toujours avec Tourgueniev et jusqu’ a sa mort a l'heure ou le téléphone fait ses premiers pas. Elle a donc ratissé l'ensemble du XIXe, non pas comme une spectatrice passive, mais comme une actrice et sur la scène et dans son époque. Elle vend ses bijoux pour acheter la partition originale de Don Giovanni qu'elle offrira ensuite au conservatoire de Paris. Dans son salon se retrouvent Balzac, Berlioz, Gounod, Sand, Musset, Wagner, Chopin. Bref je vous laisse le loisir de lire sa biographie.
 




Mais cette femme est également compositrice (la seule programmée par Jérôme Deschamps depuis sa nomination nous souligne Agnès Terrier). Sa voix s'est rapidement usée, et elle se tourne rapidement vers l'éducation de jeunes chanteurs pour qui elle écrit des œuvres qui seront représentées dans son salon de Baden Baden, ville eau des plus élégantes et aristocratiques jusqu’à la guerre de 1870. Cendrillon en revanche fut écrite bien plus tard, alors qu'elle habite Paris, peu de temps avant sa mort.



L'œuvre se rapproche de Massenet et de Rossini, deux compositeurs qu'elle fut amenée à fréquenter. Comme dans Cenerentola, Cendrillon a un nom (ici Marie) et chante toute la journée la même chanson sur un prince qui voulait se marier. Et de la même façon, Cendrillon vit avec son baron de père qui lui parle comme son maitre. Baron tout autant que moi d'ailleurs, un épicier qui a fini par être anobli, et qui est passé par le bagne de la Nouvelle Orléans. Le personnage gagne une dimension lorsqu’il chante son regret pour la vente de pains d'épices et de café.



Les chanteurs de l'Académie de l'Opera Comique reflètent un très bon niveau. Ils sont rompus au jeu théâtral et suivent le jeu chorégraphique de Thierry Thieû Niang. Je suis tout autant au théâtre qu'a l'opéra. De toute façon il fallait bien du théâtre pour occuper la mise en scène, qui est par ailleurs tres pauvre. La volonté du metteur en scène était tres intéressante. Pour mettre en parallèle l'œuvre et sa brillante compositrice, nous sommes dans un salon mondain.



Marie Bunel joue cette Pauline Viardot qui invite ses amis dans son salon pour leur lire quelques lignes de sa vie. Comme cela se faisait à l’époque, chaque invité commence à chanter quelques petits airs : Seize Ans de Chopin et Viardot, Madrid, Ici-bas tous les lilas meurent et Havanaise de Viardot, Le Soir de Gounod. C’est très sympa et ces airs sont mis en parallèle avec l’histoire de Viardot, mais ca me semble néanmoins un peu décousu, on ne sait pas trop bien combien cela va durer, si c’est un prologue ou une première partie de la soirée.

 

Puis les invités se disent qu’ils pourraient jouer dans un opéra, et commencent à arranger les meubles pour faire un semblant de décor et l’opéra est lancé. Mais globalement je trouve cela bien simplet. Qu’importe, j’apprécie beaucoup les chanteurs, sauf Le Comte Bairgoule, qui semble plus parler que chanter. Et la Fée s’est fait excuser de se sentir souffrante. Je me demande bien comment elle chante en temps normal, c’était déjà là excellent !

 

Globalement, cette soirée fut sympathique, j’ai été plongé dans l’univers du XIXème, impressionné par les membres de l’Académie de l’Opéra Comique.

 

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