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La Loge d'Aymeric

Gala des Écoles de Danse

22 Avril 2013, 10:23am

Publié par La loge d'Aymeric

20 avril 2013
Palais Garnier
Direction musicale: Marius Stieghorst à la tête de l'orchestre des Lauréats du Conservatoire.
Ecole de danse de l'Opéra de Paris
La Nuit de Walpurgis (Claude Bessy)
Clémence Gross, Nine Seropian, Marion Gautier de Charnacé, Adèle Belem, Célia Drouy
Péchés de Jeunesse (Jean-Guillaume Bart)
Roxane Stojanov, Mathieu Rouaux, Clémence Gross, Marin Delavaud, Anaïs Kovacsik, Ida Viikinkoski
Scuola di ballo Accademia Teatro alla Scala
Gymnopédies (Roland Petit)
Paola Giovenzana, Angelo Greco, Edoardo Caporaletti
The Royal Danish Ballet School
Le Corps des volontaires du Roi (August Bournonville et Thomas Lund)
Viktoria Falck-Schmidt, Stephanie Møller, Sébastian Haynes
Canada's National Ballet School
Les Chambres de Jacques (Aszure Barton)
Patrick Foster, Hailey Hamblin, Soo Ah Kang, Liam Redhead, Martin Ten Kortenaar
The Bolshoi Ballet Academy
Les Millions d'Arlequin (Marius Petipa et Iouri Burlaka)
Ksenia Ryzhkova et Artur Mkrtchyan et douze danseurs de l'école
John Cranko Schule- Stuttgarter Ballett
Come neve al sole (Rolando d'Alesio)
Agnes Su, Marti Fernandez Paixà
The Royal Ballet School
Rhapsody (Frederick Ashton)
Annette Buvoli, Evan Loudon
Ballettschule des Hamburg Ballett
Spring and Fall (John Neumeier)
Hayley Page, Aljoscha Lenz, Claudi Vilaseca Garcia, Helias Tur-Dorvault

La semaine tant attendue du Tricentenaire de l'Ecole de Danse française arrive à sa fin. Je l'attendais depuis un an, c'est maintenant chose faite et j'en garde un excellent souvenir. C'est décidément l'événement de ballet de la saison. A l'heure des bilans, rendons donc des prix aux différentes écoles de danse qu'Elisabeth Platel avait choisi d'inviter pour clore la semaine.

Prix de premier de la classe et du plus beau tutu

L'école de danse de Nanterre a pertinemment réussi à s'assumer de nouveau comme la meilleure formation de danse classique du monde. Ses deux spectacles, Péchés de Jeunesse et la Nuit de Walpurgis, déjà vus ici et ici, ont permis aux petits rats de briller: des corps de ballet parfois hésitants, mais des solistes admirables au pied solide et élégant. Finalement, la pièce de Bart gagne à être revue, j'ai pu rentrer encore plus dans l'oeuvre et admirer la propreté du travail des futurs danseurs. Ils ouvrent et ferment la soirée pour confirmer leur présence.

Mais comme tous les premiers de classe, l'école de danse de l'Opera prend beaucoup de place. Ses deux spectacles durent ensemble 53 minutes, il ne reste alors que 60 minutes pour les sept autres écoles. Rassurez vous, les autres ne sont pas pour autant des cancres, mais le message est passé: les Français brillent.

Qui a gagné la Guerre Froide?
Prix du plus grand nombre présent et de la danse classiq
ue étrangère

Je me souviens qu'il était évoquée une délégation de l'American School of ballet (qui forme les élèves du NYCB), mais finalement rien. Les russes eux arrivent à 14 du Bolchoï avec une oeuvre qui prend le plus de temps chez les invités. Ils signent un pas de deux entouré d'un corps de ballet, un vrai spectacle en soi.

Ce sont donc bien eux qui arriveront à démontrer toute l'énergie et l'explosivité de leur style Bolchoi. C'est tout a fait ce que j'attendais, et je n'ai pas été déçu. Ils aiment et savent se faire applaudir après chaque petit pas. Leur oeuvre pourra paraître aussi classique que les Parisiens, mais ils y rajoutent une petite couche de théâtre et d'humour qui leur va si bien. Les corps sont formes, solides et techniques, il n'y a rien a dire de leur performance à part l'applaudir. Comme la compagnie Bolchoï, les élèves s'amusent sur scène et brillent déjà par leur bravoure.

Prix de la surprise et des marcels

Un ami milanais se rend régulièrement à la Scala voir le ballet (comme récemment dans Giselle), mais n'ayant jamais vu l'Opera danser, nous ne pouvions guère comparer.

M'attendant a une école correcte sans plus, j'ai été littéralement bluffé par la performance des Milanais dans l'oeuvre de Petit. Une grâce et un lyrisme considérable pour une chorégraphie loin d'être facile a interpréter. Après un premier solo au sol, le danseur saute tout d'un coup avec un ballon impressionnant.

A la suite de son solo dans un cercle, arrive alors un couple qui signe un pas de deux d'une élégance et d'une douceur dont je me souviendrais. Et la technicité de la jeune fille avec son six o'clock tout en douceur. Des pointes et un tutu font référence au style romantique auquel Petit et la Scala rendent ici hommage. Les marcels des hommes nous remettent dans l'univers de Petit. Un très beau moment de danse et mon coup de coeur de cette soirée.

Prix des pires costumes et d'être ravi d'être présent

Le Danish est historiquement la deuxième compagnie après Paris, avec Bournonville comme chef de file. Les danseurs invités m'ont surtout plu pour leur sympathie, ils s'invitent les uns les autres à danser, un peu comme dans le dernier acte de Napoli vu il y a deux ans avec la compagnie, rien n'est statique, pas même les pauses qu'ils prennent.

C'est très mal mais j'ai finalement peu regardé les deux filles tant j'ai été impressionné par la performance du jeune homme. Ses jambes immenses ont permis des solos d'une belle finesse, avec de très belles lignes. Les deux jeunes femmes semblent un peu écrasées par leurs lourdes robes qui permettent un joli travail de pieds, mais finalement peu des jambes.

Prix de la publicité et de la rapide émotion

Originellement, la Royal Ballet School devait interpréter un morceau du Lac. Finalement, c'est Rhapsody d'Ashton, un style qui semblerait mieux leur correspondre. Cela sent le changement très last minute, le programme indique toujours Le Lac.

Malheureusement ce pas de deux ne dure que quatre minutes et malgré sa beauté, je suis incroyablement déçu. Le temps que j'apprécie, c'est déjà fini. Cela a le mérite d'attirer l'attention des spectateurs outre-Manche où les spectacles sont toujours d'une grande qualité (comme vous pouvez le voir dans plusieurs articles de ce blog).

Ce pas est normalement dansé par des Principals (merci @impressiondanwe pour l'information) et pourtant les deux danseurs réussissent un travail très honorable, manquant peut être parfois de rondeur, comme dans ces sauts de la fille à l'horizontal dans les bras de son partenaire. Cela est peut être du au manque de répétitions après un changement de programme. Quelques instants de plus aurait suffi pour que cela soit mon coup de coeur de la soirée.

Prix du moderne c'est-bien-aussi, ou la ringardise des tutus

Les deux danseurs, presque des enfants, dansent un pas de deux en t-shirt, le fond rougeâtre est d'abord légèrement caché, puis découvert et enfin recaché. Comme si le soleil se levait, atteignait son climax et redescendait. Et pendant ce temps, les danseurs semblent mourir sous ses rayons, devenant fous sous la chaleur. Ils tentent de se protéger l'un et l'autre, ils sautent et prennent des positions comme pour se rappeler qu'ils sont humains mais parfois semblent redevenir de bêtes animaux.

Ils ont choisi une pièce qui récupère l'heritage classique et se l'approprie, tout ce que j'aime. Leur t-shirts élastiques sont leur unique accessoire, leur permettant de créer une pièce captivante et amusante. Le moderne fonctionne et signe un choix bien différent des autres écoles.

Prix du voyage de Bastille à Garnier

J'avais adoré la Troisième de Mahler, mon premier Neumeier pour une compagnie à part entière. Là en voyant les danseurs arriver sur scène, je sens que nous ne sommes pas loin du style du maître hambourgeois. Les trois sont torse nu avec des pantalons blancs et à nouveau je ressens cette musicalité et cette réponse à l'orchestre. La partition de Dvorak n'a rien à voir avec celle de Mahler néanmoins, elle semble moins puissante. Ainsi la danse parait moins percutante pour ces jeunes danseurs qui semblent toutefois s'être approprié le style Neumeier.

Avec l'arrivée de la jeune fille, je sens le même esprit qu'avec l'arrivée de Ciaravola en Ange. Elle apporte la douceur à ses trois compagnons, avec de très belles jambes. Le titre ne se rapporte pas aux saisons, Spring est saut, Fall la chute. Et ce sont bien ces idées de sauts et de gravité qui animent la pièce avec ces sauts qui montrent la force de ces élèves.

Prix de la fausse bonne idée

Le choix des Canadiens. Si le début de leur pièce m'a intrigué, je me suis rapidement ennuyé. Mais j'ai pu apercevoir de très bons danseurs rompus aux techniques modernes. Comme seul représentant des écoles américaines, ils m'ont bien semblé proche des écritures de Paul Taylor ou des autres chorégraphes américains.

Ces élèves ont un grand talent, comme nous le montre cette vidéo de Yondering ou encore les performances d'un de ses plus brillants alumnis: Evan McKie, vu en Onéguine la saison dernière. J'aurai bien aimé pouvoir apprécier cette école dans une autre pièce.

Prix de la fête

À l'image du Ballet qui a défilé lundi soir, et en conclusion de cette semaine de commémoration, le Tricentenaire se finit par un défilé de tous les danseurs de Nanterre et de leurs invités. Claude Bessy l'a réglé sur une musique de Mendelssohn. Il est très vivant, plus rapide et enjoué que le très officiel défilé. Une ouverture sur le futur des grandes compagnies qui semble assuré.

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