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La Loge d'Aymeric

Requiem de Mozart au TCE

6 Mai 2013, 06:55am

Publié par La loge d'Aymeric

Théâtre des Champs Elysées
Jeudi 2 mai
Mozart: Symphonie 41 en ut majeur et Requiem en ré mineur
Cercle de l'Harmonie, Choeur de Chambre les éléments
Jérémie Rhorer, Sandrine Piau, Renata Pokupić, Jeremy Ovenden, Nabuel Di Pierro


Comment trouver une unité dans une symphonie? Avec l'installation de différents mouvements qui semble casser le rythme de l'oeuvre, on peut parfois se demander si cette oeuvre est une ou multiple.


Pour la symphonie 41 de Mozart qui ouvre cette soirée, l'unité de l'oeuvre n'est pas un problème, tant l'oeuvre est connue, on voit les mouvements passer sans ciller. Son surnom de Jupiter n'est pas anecdotique, on sent un Mozart en pleine forme et un peu titanesque.


Pour le Requiem, que je connaissais moins à l'exception des mouvements les plus réputés, l'unité ne pouvait se laisser percevoir que si j'avais pu entrer totalement dans l'oeuvre. Mais le Théâtre des Champs étant ce qu'il est, un repère d'octogénaires poitrinaires qui doivent mourir à chaque mouvement pour tousser autant à chaque instant de pause. Et encore, si ce n'était que ça! La quinte de toux d'une de mes voisines de rang gâche une partie de l'oeuvre alors que le reste est occupé par le bruit d'un sac de plastique d'un monsieur qui semble clairement dérangé.


Décidément les éléments n'étaient pas en ma faveur. Je ne peux alors qu'écouter clairement la musique de temps en temps, ce qui contribue à une impression de décousue.... C'est bien dommage pour une pièce comme le Requiem!


Et pourtant ce que j'entends dans ce tintamarre m'enchante. Quelle clarté, quel cristal dans ces voix du choeur qui englobent l'oeuvre. Les quatre solistes ne sont finalement que des répondants à ces voix célestes. Miah Personn remplaçait Sandrine Piau, portée pâle ce soir là, je retrouve la même grâce que dans son Elvira de la semaine dernière. Les trois autres sont tous excellents, avec notamment un Di Pierro d'une grande profondeur.


L'orchestre, rompue à l'exercice Mozart-ien, sort de sa rythmique de Don Giovanni pour livrer une oeuvre tout aussi manichéenne que l'opéra: le clair obscur est pesant et omniprésent dans cette oeuvre sacrée qui est écrite pour résonner dans les murs d'une cathédrale.


Jérémie Rhorer semble danser sur son estrade, entrainant les violons et poussant les cuivres ou appelant encore le choeur. Jeune chef de 40 ans, son âge lui permet une activité quasi sportive à la baguette. Tout cela pour capturer les nuances sombres d'une ultime oeuvre de Mozart. Dommage que les conditions n'aient pas été adéquates, j'aurais sinon fondu comme une madeleine....

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