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La Loge d'Aymeric

In Situ, par Pierre-Elie de Pibrac

9 Octobre 2014, 15:09pm

Publié par La loge d'Aymeric

Des livres sur les danseurs, il y en a beaucoup, au moins un ou deux sort par an. Qu’est ce qui fait la spécificité de celui de Pierre-Elie de Pibrac ? Retour sur les clichés exposés.


En se baladant dans l'exposition de l’Ile Saint Louis, on entre dans une atmosphère tout à fait différente des autres univers de photographe. Plutôt qu’une atmosphère il y en a plusieurs, reflétant les différentes émotions qu’un photographe peut avoir face à ces danseurs : en répétition, sur scène ou dans les espaces du Palais Garnier.


La première salle est la plus intimiste, en noir et blanc, avec des photos de répétions dans les studios de l'Opéra Bastille, des coulisses de la Belle au bois dormant ou encore des clichés plus intimes sur scène. Une photo de Stéphane Bullion l’isole dans un noir total, tout comme Letizia Galloni en Naïla. On ne reconnait pas toujours les danseurs, mais plutôt le danseur dans une imagerie décalée entre présence en scène, relaxation en coulisse et élégance perpétuelle en répétition. Une dernière photo se focalise sur le mouvement d’un pied qui arrive en piqué au sol. Elle fait écho aux deux écrans posés à terre qui filment uniquement le bas du corps entre des répétitions d’Onéguine et le défilé du corps de ballet.


Première évolution vers la couleur avec la photo sur le toit de l’Opéra. Bien loin de celles qu’a récemment réalisées JR, cette photo transforme le toit de Garnier en un espace scénique où les couples se répartissent, éblouissant dans leurs costumes blancs le ciel grisonnant. L’effet du tirage fait particulièrement ressortir les danseurs, qui semblent posés délicatement, comme un collage. Même effet de réalisme avec des photos dans le grand foyer ou dans la grande salle où les danseurs se détachent du sol et de leur univers. Pibrac place les danseurs en spectateurs, en costume d’Onéguine, ou les fait danser dans le foyer de la danse, en habit de défilé.


La série la plus intéressante se rapporte au mouvement de la danse, commençant par ce monumental groupe tiré d’Orphée de Bausch : les danseuses en rose pâle se lamentant dans un mouvement commun circulaire. Des photos de la soirée Jeunes Danseurs permettent de retrouver non pas les danseurs, mais les mouvements des costumes si représentatifs, entre Le Parc et Caligula. Au milieu se glissent des tableaux de maître, deux clichés de la Belle au bois dormant rappellent des Degas et une photo du corps de ballet de Notre Dame offre un bel éclat de couleurs.


La principale spécificité de ce projet est la sélection de danseurs. Dans les photos de l’exposition, on aperçoit quelques étoiles, mais l’ensemble porte davantage sur des sujets, des coryphées ou des quadrilles. Une opportunité donc de voir de très beaux tirages avec des danseurs qui ont moins l’habitude de se retrouver dans ce type de support, ou encore avec ces costumes de solistes (Kitri, Basilio, Mademoiselle Julie, Onéguine, …). Un beau regard sur les nouvelles générations à travers des souvenirs de la saison 2013/2014.


In Situ, Galerie Clémentine de la Féronnière : 51, rue Saint Louis en l’île. Jusqu’au 23 novembre, 12h-20h.

In Situ, par Pierre-Elie de Pibrac
In Situ, par Pierre-Elie de Pibrac
In Situ, par Pierre-Elie de Pibrac

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