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La Loge d'Aymeric

Alonzo King: Constellation

16 Décembre 2013, 10:16am

Publié par La loge d'Aymeric

Théâtre de Chaillot

14 décembre 2013

Alonzo King LINES Ballet

Décor: Jom Campbell; mezzo-soprano: Maya Laahyani: piano: Hadley McCarrol.

 

 

Constellation, sans doute le meilleur moyen de ne pas appeler cela un gala, ou une réunion de solos, pas de deux et ensembles qui n'ont rien à voir entre eux. Une constellation, c'est une réunion d’étoiles mais vue de loin, on n'est pas suffisamment illuminé par une de ces étoiles, on touche un peu à tout.

 

Le manque de cohésion est d'abord effrayant dans la musique, j'entends des thèmes de Glück, du Roi Lion, du Seigneur des Anneaux, de Strauss et de Willems. Un joli melting pot, aussi mélangé que les types de danseurs et de danses. En plus de la musique sur bande enregistrée, un piano sert de temps en temps pour accompagner la une mezzo, correcte mais sans rien d'exceptionnel, qui est malheureusement sonorisée et on l'entend presque respirer avec ce micro qui grésille. Je ne reconnais presque rien de ce qui est nommé dans le programme: Vivaldi, Händel, Strauss. La musique forme un paysage plus qu'un accompagnement, la danse ne la suit pas toujours, mais ce n'est pas gênant.

 

La danse elle oscille entre du Balanchine, du Forsythe, quelque peu actualisés par des tonalités de modern jazz ou d'air chorégraphique d'Alvin Ailey (compagnie dont Alonzo King est issue). J'ai été bien content de voir ce type de danse dont nous allons peu voir d'exemples cette saison: de la danse pour de la danse, géométrique, précise et musicale. À l'inverse des pièces des autres américains cités précédemment, Alonzo King ne trace pas de fils entre ces différentes séquences. Je prends quelques instants à dépasser ce problème pour réaliser que ca n'empêche en rien de passer un bon moment.

 

Les séquences s'enchainent donc, toutes sont intéressantes, sauf peut être celle qui ouvre la seconde partie avec ses balles de lumière qu'on voit agiter par les danseurs dans une semi pénombre, c'est un peu kitsch et trop accessoirisé pour que cela soit intéressant. La pièce date de 2012, mais semble parfois déjà vieillie avec cette scénographie en boules de lumière qui rappellent les balles rebondissantes lumineuses de ceux qui ont grandi dans les années 90. Même problème pour les costumes, parfois un peut trop argenté.

 

Dans mes coups de cœur, je cite notamment deux pas de deux, celui qui clôt la première partie (et me fait enfin réfléchir sur pourquoi j'étais là) et le dernier de la seconde partie. Pas d'émotion, mais de la technique et de la sensualité, des jambes forsythiennes qui s'allongent et s'étirent en tournant. Un autre moment rassemble tous les danseurs sur scène sur une musique typée afro-américaine, chacun danse dans son coin, pour un résultat de mouvements incessants qui fourmillent.

 

Je tiens à noter que la compagnie est très belle, cosmopolite et hétérogène, reliée par une grande technique. Ils dansent naturellement sur scène, semblent habiter par cette chorégraphie, se perdent puis se retrouvent, s'attrapent et se détachent. De belles lignes se dessinent sur le plateau de Chaillot. Contrairement aux danseurs hommes texans du Houston Ballet, ils sont ici suffisamment musclés pour danser, mais pas trop pour perdre en légèreté, comme lors de ces duos où deux danseurs rappellent les cygnes de Matthew Bourne. Les hommes sont bondissants, plein d'énergie, là où les femmes oscillent entre la douceur et l'explosivité quand elles se forment en groupe.

 

J'étais donc content de voir de beaux gestes réalisés par de beaux danseurs (certes ca parait un peu simpliste), dans ce type de danse que j'aime tant. Je ne vois néanmoins pas un chef d'œuvre et ai donc un peu de mal à comprendre l'ovation que le public réserve aux artistes à la fin du spectacle. Ai-je manqué quelque chose? Une cohésion ou un fil conducteur?

 

Alonzo King: Constellation

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