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La Loge d'Aymeric

Cendrillon, une maison de poupée par le ballet de l'Opéra de Lyon

2 Décembre 2012, 20:38pm

Publié par La loge d'Aymeric

Maguy Marin. Cendrillon: Ruth Miró Salvador; Prince: Randy Castillo; Soeurs: Amandine François, Karline Marion; Père: Pavel Trush; Ballerines: Ashley Wright, Mariane Joly, Marie Laetitia Diedrichs; Fée: Julia Carnicer; Andalouse: Dorothée Delabie; Orientale: Coralie Levieux


A un mois de Noël, je commençais à désespérer du manque de Christmas spirit , avec ce petit détour par Chaillot, je sens comme une atmosphère très familiale, tout le monde se retrouve, grands parents, parents, enfants pour apprécier un spectacle de danse qui peut être apprécié de tous, et en particulier des plus jeunes.

Rien de trop compliqué, pas de grandes arabesques, de pointes vertigineuses, mais un langage très simple. Chaque danseur porte un masque, comme dans le théâtre grec, de poupée, et les mouvements seront donc ceux de jouet. Lorsqu'aux saluts ils finiront par ôter les masques, j'ai du mal à les imaginer effectuer mes mêmes gestes. Des danseurs complètement investis donc dans cet univers très particulier et si ravissant.

Et ce début. Dans la version Noureev j'avais trouvé le premier acte bien long, ici c'est captivant, la découverte de ce style, la rapidité de la dramaturgie également. La leçon de danse est peut être une des scènes les plus réussies. Puis Cendrillon s'envole dans une voiture d'enfant....

Ce n'est pas un bal pour le Prince, mais son goûter d'anniversaire, on y joue à la marelle, à la corde à sauter, on y mange des sucettes en se battant contre ses camarades, et en écrasant certains, pour accéder au buffet. Evidement tout le monde vient déguiser, avec un joli tutu rose qui clignote pour la jeune servante.

http://mutualise.artishoc.com/cnd/media/1/cendrillon-360.jpg

Comme la cour n'aime pas Cendrillon, elle est poussée tout le temps, elle n'a pas le droit de jouer. Mais le gentil Prince tout bleu vient la sauver et la réconforter avant de l'emmener danser. Que des câlins, des mains qui se tiennent. C'est vraiment très mignon. La scène du bal est globalement longue, proportionnellement à l'ensemble de la pièce, mais le pas de deux final clôt cela très bien.

Je ne suis finalement pas fâché de voir le Prince parcourir le monde sur son cheval de bois à bascule, rencontrant une danseuse espagnole et une charmante femme d'Arabie, qui insufflent de la danse plus classique dans cette pièce. Le Prince reste visiblement interloqué devant leurs danses.

C'est un univers de bébé, et des rires de bambins viennent parfois remplacer la musique de Prokofiev, se mêlant d'ailleurs à ceux de la salle. Ces bébés grandissent d'ailleurs et les gestes saccadés des poupées laissent deviner un sentiment de mal à l'aise, qu'est ce que l'amour, la violence des autres: rien de cela ne semble naturel pour Cendrillon. Elle se sent à l'étroit dans ce corps là.

Intemporel, peut être, mais cette pièce garde des stigmates des années 80 avec sa découverte des nouvelles technologies. La fée m'inspire plus Buzz l'éclair que la marraine toute bleue de Disney. La luminosité reste faible, certains costumes bien noirs, ça ne fait pas très moderne. Mais certaines scènes sont très jolies. La séance du cours de danse laisse apercevoir de jolies pointes de la part des fées. Mais Cendrillon n'est pas encore assez âgée pour ça et tombe, puis réessaie.
 

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/10/12/e68c64d0-12f7-11e2-9db3-61aa825d7077-493x328.jpg

J'ai trouvé le langage chorégraphique très déroutant, les danseurs se sont entièrement mis dans leur peau de poupée, chaque geste est très marqué et mécanique, mais l'ensemble reste très poétique. Je sens néanmoins que les danseurs s'effacent trop devant la volonté de la chorégraphe de créer un univers très spécial. Le talent indéniable de la troupe lyonnaise n'est il donc pas sacrifié?

J'ai pu apprécier la musique de Prokofiev, en bande sonore malheureusement, qui m'a moins oppressé que la saison dernière dans la très usée et vieillie version de Noureev. Certains passages restent très lourds, notamment au début. Le conte fée finit sur des notes plus claires avec le couple princier qui avance en se tenant la main et trainant derrière eux une foule de petites poupées nues. Le happy ending est bien là, les personnages de cire ont grandi, Cendrillon a su monter sur pointe.

Un spectacle réussi donc, avec une compagnie qui s'engage totalement dans ce qui reste une des pièces majeures de son répertoire et une des plus originales du répertoire en général!

Amie balletomane présente: http://blogapetitspas.fr

 

(photos du CND et du Figaro)

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