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La Loge d'Aymeric

Porgy and Bess, English National Opera

17 Juillet 2012, 16:06pm

Publié par La loge d'Aymeric

12 Juillet, Direction musicale : Albert Horne ; Mise en scène : Christine Crouse ; Porgy : Otto Maidi ; Bess : Sibongile Mngoma ; Crown : Mandisinde Mbuyazwe ; Clara : Nozuko Teto ; Serena : Arline Jaftha ; Sporting Life : Tshepo Moagi ; Maria : Gloria Bosman

Une matinée un jeudi, vous y croyez? A Londres, en juillet oui. Des billets avec visibilité à 19 pounds, acheté la veille, c'est encore mieux.

Un endroit très surprenant d'ailleurs que ce London Coliseum, siège du English National Opera. Si Garnier paraît déjà beaucoup trop surchargé, comparé à cette superposition de dorures, médailles à l'effigie de Pompée et César et de chars tirés par quatre chevaux, ce n'est rien.

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2009/10/21/1256137103854/Porgy-and-Bess-001.jpg

Une découverte ensuite que ce Gershwin. Pas seulement l'œuvre en elle-même mais le compositeur. De lui je ne connaissais que Rhapsody in Blue et An American In Paris, de quoi me donner quelques idées du style. Mais ici quel bonheur de l'avoir en live!

La musique de Gershwin, je la mets dans le même ensemble que Ravel et Prokofiev (j'espere ne pas choquer de mélomanes). Toujours ce sentiment de grande modernité, mais qui assume encore pleinement les héritages classiques. C'est peut-être l'effet Londres mais j'ai eu l'impression pour une grande partie d'entendre comme des gouttes pluie qui tombent, dans un bruit doré. Une grande vie, un sentiment d'entrainement, c'est surtout ca le jazz (?).

Passé de Berlioz à Gershwin, c'est un changement amusant. Les destins tragiques et divins laissent la place aux problèmes de cocaïne et de paraplégique. Mais en fait c'est toujours la même histoire. Les couples se font et se défont. Bess abandonne Porgy pour se diriger vers ce Paradis qu'est New York, appelée par la 'Happy Powder' comme Enée délaisse Didon pour fonder Rome l'éternel, appelé par les dieux.

L'héritage des Gershwin demande à ce que l'œuvre soit chanté par un cast de chanteurs noirs, à l'exception de quelques rôles mineurs. La production du ENO vient donc du Cape Town Opera.

Porgy est le rôle le plus réussi. Otto Maidi joue le rôle sur les genoux et continue à chanter très bien, comme son très bon 'I got full of nuttin.' Une vois grave, forte et marquée.

http://www.thecornershoppr.com/upload/show/9c39a90b6b5a8e423d448b3a1f623834_Porgy&Bess%20Porject.jpgSi le personnage de Bess m'est dès le début très désagréable (passant d'un homme à l'autre en récupérant son argent pour finir par abandonner le dernier pour de la coke), la chanteuse l'est également, j'ai cru entendre quelques fausses notes. Le plus remarquable est lorsqu'elle reprend la chanson Summertime, brillamment interprétée à l'ouverture de la pièce par (?). Lorsque Bess la rechante, ce n'est plus aussi joli.

L'ensemble des artistes semble souder, je ressens l'atmosphère sur scène. Chacun a sa place, son rôle mais personne ne se laisse effacer par les grands rôles. La scène est très bien occupée, même si le décor reste celui d'une banlieue ghetto pendant tous les actes. Les chanteurs dansent ensemble, bougent, passent naturellement d'un étage à un autre, c'est un vrai tableau vivant qui s'anime.

Le chœur est inégal et se dégrade au cours de l'opéra. Ils commencent brillamment, comme lors de la messe du mort. Il se dégrade au moment de la tempête notamment. Heureusement, le dernier morceau est particulièrement réussi.

Dans les rôles mineurs, je remarque surtout Clara et son mari ainsi que la femme du mort qui brille lors de son solo de la messe. Plusieurs vrais beaux moments grâce à eux.

Un très bon moment passé donc, une découverte d'un style d'opéra également. Comme quoi l'art lyrique peut traiter de sujets d'actualité et utiliser un langage contemporain sans perdre de consistance.

(photos du Cape Town Opera et English National Opera)

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