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La Loge d'Aymeric

Matisse à Beaubourg

13 Mai 2012, 21:48pm

Publié par lalogedaymeric

Alors que tous les mélomanes, balletomanes ou curieux profitent de l’événement Tous à l’Opéra qui se déroulaient, pour Paris, dans les trois Opéras nationaux (Garnier, Bastille, Comique) et le théâtre de l’Athénée, je me rends à une expo que j’attendais depuis longtemps : Matisse Paires et Séries. J’ai toujours apprécié Matisse, ses couleurs intenses, ses traits accentués et surtout son détachement des autres. Il sait piocher ce qu’il veut chez chacun pour le réunir.

Le Centre Pompidou organise toujours en plus des grandes expos annuelles, des moments plus courts et plus nombreux sur un artiste ou un thème donné. Matisse occupe donc quelques places, tout est très bien construit et cohérent. L’ensemble porte donc sur des comparaisons de deux œuvres pour la plupart, toutes deux souvent réalisées la même année, mais de différences frappantes.

Lmatisse3e plus frappant est peut être la vue de Notre Dame. Le premier ressemble à une mauvaise carte postale de touriste, tout est grossièrement dépeint, visiblement ce n’est qu’une ébauche, et je défis quiconque de reconnaître que c’est un Matisse ! Son voisin néanmoins semble avoir été gommé. Ne sont conservés que les traits et un arbre vert. J’entends une guide parler de la lumière blanche comme la figure de la résurrection. Mouais. Notre Dame a presque perdu sa spiritualité pour moi. Je préfère voir l’œuvre comme un monochrome précurseur des Klein ou Soulages, qui étudie les différents aspects du bleu très intense, je trouve ca superbe !

 

 

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Œuvre plus connues, les deux versions de Capucines à la danse. Là encore l’usage des couleurs transforment totalement le tableau, ainsi le I ne semble qu’être une esquisse du II, des couleurs moins accentués, ca sent presque le pastel. On sent beaucoup plus le mouvement dans le second, plus d’énergie et de rapport entre les êtres, là où la version I semble plus légère.

 

 

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Tête blanche et rose. Elle m’a d’abord fait penser à un bonbon, puis à du dentifrice. Seul le collier se détache du reste et semble rattacher l’œuvre à une réalité extérieure. Presque suffocante, personnage totalement surréaliste. Un personnageVisuel 7 Philip Bernard de bande dessinée peut-être? Il est contemporain de Marguerite au Chapeau de cuir, qui pourrait rassembler ses deux œuvres ? Ce dernier est beaucoup plus doux, plus pastel, avec du blanc pour fond alors que la tête rose est angoissante dans son fond noir. Néanmoins quelque chose semble relier les deux autres, mais quoi ? La façon de regarder le spectateur, la bouche ? 

 

Alors ça j’adore ! Nature morte (Séville) agresse l'œil, ma gentille accompagnatrice me dit qu’elle ne le mettrait pas dans son salon. Soit. Mais ce tableau en nous agressant nous fait vivre et nous oblige àMatisse sevilla nature morte y réagir ! Un tableau qui bouge de partout, les drapés des fauteuils, de la toile, de la table. Seul le bois reste relativement sobre, et encore il adopte une couleur saisissante lui aussi. Le rideau sur le côté semble normal et nous rattache peut-être à un monde externe… Le blanc n’est plus utilisé comme fond de toile, mais comme couleur à part entière, comme extension du vert, de l’orange ou du bleu.

Le violoniste a la fenêtre est un joli tableau sur l’art, le violoniste semble enfermer et regarde vers l’extérieur sans que l’on puisse le voir. Intérieur au violon de la même façon met l’accent sur le bleu de l’étui à violon, tout le reste n’est qu’accessoire, même le bleu de la mer n’intéresse pas, seul le violon qui traine, tel la reine de l’orchestre, nous attire.

Une partie de l’expo porte sur les « Thèmes et variation » et la recherche de l'artiste qui réalise des nombreuses copies à la plume ou au fusain de son œuvre. Matisse cherche et doit savoir à la fin de cette série à quoi doit ressembler l'œuvre pour la commencer. Il publiera ainsi 150-160 dessins. De la même façon il organise à la galerie Maeght une exposition avec différents états de ses œuvres. 13 pour la blouse roumaine par exemple. " J'ai ma conception dans ma tête et je veux la réaliser. Je peux tres souvent la reconcevoir. Mais je sais ou je veux en arriver." 

Il y a de nombreuses autres œuvres dans l’exposition, toute très intéressante et choisies correctement, rien n’est superflu. Pour un samedi après-midi j’ai trouvé qu’il y avait bien peu de monde ! Allez y, ça dure jusqu’au 18 Juin !

 

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